La facturation…l’éternelle question des étudiants et jeunes diplômés

Tous les traducteurs fraîchement installés se posent la question incontournable du tarif et de la facturation.
Comment définir mon tarif ? Dois-je facturer au mot, à l’heure, à la page ?

En réalité, tout dépend de la tâche, de vos préférences et des habitudes du client.

Personnellement, je facture au mot source pour de la traduction, parce que j’estime que la facturation au mot cible lèse le client et qu’il n’y a aucun moyen de contrôle. Le coefficient de foisonnement du français par rapport à l’anglais est tel qu’il est facile de faire de longues phrases alambiquées pour exprimer une idée qui tient en quatre mots. Je n’applique pas de réduction sur les gros volumes, car que ce soient 9 000 ou 15 000 mots, il faudra les traduire. Par contre, je n’applique pas non plus de minimum de facturation, je ne vais pas faire payer au client 15 euros pour traduire 10 mots. Encore une fois, tout ceci est question de préférence et de choix personnels. Pour la relecture, j’applique soit un tarif horaire soit un tarif au mot (cible, toujours), selon la préférence du client. Parfois, le client vous fournira une mémoire de traduction et appliquera des réductions conséquentes car il estime que le travail a déjà été effectué. Il est difficile de refuser, mais faites bien comprendre que si vous devez relire les segments 100 %, ce ne sera pas gratuitement.

Vous devez retirer des bénéfices de vos prestations, sinon autant faire du bénévolat. Vous devez calculer quelles sont vos charges (Internet, fournitures de bureau, logiciel…) mensuelles ou annuelles, regardez combien vous voulez gagner (pas la peine de viser petit parce que l’on vient de commencer) par mois et remettre tout cela sur le nombre de jours travaillés par mois. Un outil dédié aux freelances pourra vous aider : http://freelanceswitch.com/rates/

Pour savoir combien facturer au mot, remettez le prix à l’heure sur le nombre de mots traduits en une heure (on compte généralement plus ou moins 300 mots par heure). Par exemple, si je facture 25 euros de l’heure, je facturerais 0,083 € au mpt. Si je facture 20 € de l’heure, ça fera 0,066 € et si je facture 30 € de l’heure, cela fera une tarification au mot de 0,10 €.

Ne vous leurrez pas, si vous habitez en France, vous ne serez jamais rentable en dessous de 0,05 voire 0,06 euros par mot. En vous situant dans la moyenne basse du marché, vous attirerez les mauvais payeurs et vous aurez du mal à remonter vos tarifs par la suite. Dans la grande majorité des cas, vous bénéficiez d’acquis, d’une licence ou d’un master, d’une expérience professionnelle, valorisez-les. « Jeune traducteur» ne signifie pas « bon à exploiter ».

C’est sûr qu’au début vous prendrez des missions moins bien payées, parce qu’il faut commencer un jour, mais dès que vous commencerez à prendre de l’essor, que vous trouverez des clients qui payent mieux, lâchez les mauvais payeurs. Dites-vous aussi que lorsque vous travaillez pour des cacahuètes, c’est du temps de perdu puisque pendant ce temps, vous n’allez pas à la « chasse » aux bons clients.

Bien sûr, vous ne pouvez avoir les mêmes prétentions salariales qu’un traducteur chevronné en énergie nucléaire. Le tout est de ne pas viser trop bas, ni trop haut, mais de trouver le juste milieu.

La SFT a par ailleurs publié un rapport sur la facturation des freelances : http://www.sft.fr/clients/sft/telechargements/file_front/4c45ab788dee5.pdf (attention aux résultats : la majorité des personnes ayant participé à l’enquête sont membres de la SFT et ont tendance à facturer un peu plus chers que les non-adhérents).

2 réflexions au sujet de « La facturation…l’éternelle question des étudiants et jeunes diplômés »

  • 27 avril 2011 à 10:55
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    Très bon papier.
    En ce qui me concerne, je n’appliquais pas de facturation minimale mais je commence à y venir de plus en plus car le temps passé à faire une facture est aussi du temps « perdu » à ne pas traduire, donc à ne pas produire. J’ai arrêté les factures à 3€ parce qu’elles n’ont très souvent pas de sens. Il est vrai que si l’on ressent un potentiel de collaboration durable, mieux vaut ne pas appliquer de forfait minimum. Tout dépend du contexte.

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    • 20 novembre 2013 à 16:27
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      Tout à fait d’accord : dans mon cas, les jobs à 3€ sont tellement rares que je n’ai pas de tarif minimum mais il m’est arrivé récemment de recevoir durant une semaine entière près de 10 jobs à moins de 10€ pièce pour lesquels il fallait respectivement procéder à une heure d’importation de mémoires et de glossaires. J’ai fini par exiger un paiement minimum par job ou un paiement à l’heure et le client ayant refusé, j’ai dû refuser les autres jobs de la série. Dommage.

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