La traduction universitaire vs la traduction professionnelle

En intervenant en tant que professionnelle de la traduction auprès d’étudiants de Licence 3 LEA, je me suis rendue compte qu’en réalité, l’université formait plutôt à devenir traducteur salarié que traducteur professionnel. Ce qu’on ne vous dit pas, c’est que sur 11 000 traducteurs environ en France, seuls 900 exercent en salarié !. (8 % quoi). Quand je parle d’étudiants ici, ce sont tous les étudiants en langue de niveau licence ou inférieur. Ensuite, les méthodes d’apprentissage (notamment des cours dispensés par des professionnels de la traduction) évoluent.

À l’université, les cours de traduction consistent en de la version et du thème, alors que normalement, on ne traduit que vers sa langue maternelle. Il n’y a donc pas de thème en milieu professionnel. Les enseignants ne connaissent pas grand chose au domaine de la traduction, mis à part la théorie.

Ensuite, le stylo et la feuille sont de rigueur, voire un dictionnaire (bilingue, of course)  lorsque les profs sont vraiment sympas… Invraisemblable de nos jours pour un traducteur professionnel de travailler sans un ordinateur avec une connexion Internet, Trados et des outils et dictionnaires en ligne.

Les étudiants abordent des thèmes généralistes et étudient des articles de presse. Lorsque les études sont ciblées vers la traduction professionnelle, les articles deviennent plus spécialisés mais restent toujours loin des compte-rendu d’audience, des brochures pour les nouveaux cathéters, des guides d’utilisateur sur lesquels nous travaillons.

Par contre, on va leur bourrer le crâne de méthodologie de la traduction, ils vont connaitre les procédés de traduction sur le bout des doigts : « ouais, j’ai fait une transposition, je trouvais que la modulation rendait trop mal » « oh ! mais c’est un joli chassé-croisé que voilà »… C’est bien, mais vous ne l’utiliserez pas au quotidien (qui a dit jamais ?). La culture c’est top, mais lorsque vous vous installerez, que vous ne saurez pas où trouver les clients, comment (bien) vous vendre, qu’inscrire dans votre comptabilité, le chassé-croisé ne sera pas vraiment votre priorité.

Je n’ai certainement pas la prétention de réformer les matières enseignées à l’université (et pis quoi encore ?), mais je comprends que peu d’étudiants LEA soient attirées par la traduction car tel qu’on l’enseigne à la fac, disons-le franchement : c’est ******. (à vous de mettre ce que vous voulez).

3 réflexions au sujet de « La traduction universitaire vs la traduction professionnelle »

  • 17 avril 2012 à 13:12
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    « sur 11 000 traducteurs environ en France, seuls 900 exercent en salarié !. (8 % quoi) »

    Source ?

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  • 17 avril 2012 à 14:04
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    Les enquêtes réalisées par la Société française des traducteurs, et celles de la CNET, disponibles sur leur site Internet

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