Les mots français empruntés à l’arabe

Cet article, inspiré de Wikipedia (http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_French_words_of_Arabic_origin) donne un large aperçu de l’influence de l’arabe sur nos mots :)
A
ABRICOT  : البرقوق
ADOBE : الطوب
ADROPER : أصلها من الكلمة العربية (أزرب) والتي تعني بسرعة أو أسرع
ALAMBIC : الأنبيق
ALCADE : القاضي
ALCHIMIE
ALCOOL : الكحول
ALCÔVE
ALGORITHME
ALMANACH
AMALGAME
ALEZAN : الحصان
ALFA : نبات الحلفاء
ALGAZELLE : الغزالة
ALGÈBRE : علم الجبر
AMAN : أمان
AMBRE : العنبر
AMIRAL : أميرال, أمير البحر
ARSENAL : دار الصناعة
ARTICHAUT أرضي شوكي
ASKARI : عسكري
AVAL
AVARIE
AZEROLE : الزعرور
AZIMUT : السمت
AZUR
B
BABOUCHE  بلغة
BALQADUIN  : البغدادي, وهو نوع من أنواع الحرير
BARAKA : بركة
BARDA : البردعة
BAROUD : البارود
BÉDOUIN : بدوي
BERGAMOTE برتقال
BOUGIE
BOURRACHE : أبو عرق, وهو نوع من أنواع البناتات
C
CABAS قفص
CAFARD : كافر
CAFÉ : قهوة
CAÏD : قائد
CALIBRE : قالب
CALIFE  خليفة
CAMAÏEU
CAMELOT : شملة
CARAFE : غرافة
CARAVELLE
CARAT  قيراط
CARMIN
CAROUBE : ثمرة الخروب
CAROUSSEL
CASBAH : القصبة
CHADOUF : شادوف
CHIFFRE : رقم, أصل الكلمة عربي من لفظة صفر
CHÈQUE
CHEMISE قميص
CHIFFRE صفر
CHIMIE
CIVETTE
CLEBS كلاب
COTON :قطن,
COUFFIN
COUPOLE
CRAVACHE
D
DAME
DIVAN
DOUANE : الجمارك, وأصلها من العربية الديوان
DROGUE
E
ÉCARLATE
ÉCHEC (JEU D’ÉCHECS)
ÉDEN عدن
ÉLIXIR الإكسير
ÉMIR أمير
ÉPINARD
ESTRAGON
F
FAKIR فقير
FANFARON : متشدق, متبجح (و أصلها من العربي ثرثار)
FARDEAU
FENNEC : فنك، ثعلب الصحراء
FEZ : طربوش، والكلمة الفرنسية مشتقة من كلمة فاس
FLOUZE
G
GABELLE : ضريبة الملح, والكلمة أصلها من العربية قبالة
GALA
GAZE
GAZELLE : غزال
GAZETTE
GENETTE
GERBOISE : اليربوع
GILET
GIRAFE : الزرافة
GOUDRON : القطران
GOULE : غول
GOURBI : قوربي, كوخ
GUITARE قيثارة
GUITOUNE : خيمة
H
HAMMAM :  حمّام
HAREM
HASARD
HASCHISCH :  حشسيش
HENNÉ :  حنّة
J
JAQUETTE
JARRE جرة
JASMIN ياسمين
JUPE, JUPON
K
KIF-KIF
KERMÈS قرمز
KOHOL كحول
L
LAITON
LAQUE
LAROUSSE : العروس
LASCAR
LILAS
LIMONADE ليموناضة
LOUKOUM
LUTH
M
MABOULE
MACRAMÉ
MAGASIN
MARABOUT
MAROQUINERIE
MASSEPAIN
MASSICOT
MATELAS
MATRAQUE
MÉCHOUI
MESQUIN
MOHAIR
MOIRE, MOIRÉ
MOMIE
MOSQUÉE مسجد
MOUSSELINE
MOUSSON
MULÂTRE
MUSCADE
N
NABAB
NACRE
NAPHTE
NÉNUPHAR
NOUBA
O
ORANGE نارنج
OUATE
P
PASTÈQUE
Q
QUETSCHE
R
RAMDAM
RAQUETTE
RAZZIA
RÉCIF
RISQUE
RIZ
S
SACCHARINE
SAFARI سفاري
SAFRAN
SANTAL
SAPHIR صفير
SARBACANE
SATIN
SAVATE
SIROP
SMALA
SOFA
SORBET
SOUDE
SOUK
SUCRE
SULTAN سلطان
T
TABOULÉ  : تبولة
TABOURET  : تبور
TAFFETAS  : ‘ ‘
TALC  : طلق
TALISMAN  : طلسم
TARE  : طرح
TARIF  : تعريفة
TIMBALE  : طبل
TOUBIB  : طبيب
TRUCHEMENT  : ترجمان
V
VARAN
VIZIR وزير
Z
ZÉNITH
ZÉRO
ZOUAVE

Le français, une langue animale

Myope « comme une taupe », « rusé comme un renard », « serrés comme des sardines »… Les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout….

La preuve que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme une mule, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche. La preuve…

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là, … pas un chat ! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.

Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère!

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi ! Et vous, vous êtes fait comme un rat.

Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de verser des larmes de crocodile. Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.

C’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence ?
Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Merci à Vivie pour ta contribution !

FAUT-IL RESTER CONNECTÉ AU FRANÇAIS « BRANCHÉ » ?

par Kévin Bacquet, traducteur anglais, russe vers français

Introduction

Qu’ils soient locuteurs natifs du français ou « spé » de la langue de Molière, leur idiome ne cesse de les étonner. Ils font appel à des tournures, des lexèmes parfois farfelus, abscons mais contribuent toujours à enrichir ce sujet auquel nous nous intéressions plus largement dans un article intitulé : « La Francophonie, hier, aujourd’hui et demain »[1]. L’étude linguistique du français pourrait épuiser toute la communauté universitaire sans que celle-ci ne puisse la disséquer entièrement. C’est la raison pour laquelle nous nous « contenterons » ici d’aborder la question du français « branché » parfois aussi appelé « français précieux ». Nous analyserons les phénomènes linguistiques gravitant autour du « français branché » et nous nous interrogerons sur la richesse apportée par la « préciosité » ainsi que sur ses limites éventuelles.
Pierre Merle y consacre un livre qu’il intitule à dessein « Précis de français précieux »[2] dans lequel il décrit ce nouvel état de langue grâce auquel le locuteur cherche à donner « du prix » à sa personne, ses actes, ses sentiments et, bien entendu, son langage. Le français précieux désigné ainsi pour faire également écho aux « Précieuses ridicules » de Molière peut également être appelé « français branché ». Il s’agira ici d’analyser les formules, expressions, mots et autres éléments de langue qui sont employés pour montrer une volonté d’être dans « l’air du temps », « en vogue » ou « in ».

Le français « branché » comme moyen d’intégration socioculturelle

L’étude du français « branché » nous permet d’établir un lien direct entre la langue et le socioculturel ; d’où l’intérêt, ici, d’une approche sociolinguistique. Lorsqu’en France, on utilise le terme « PAF » (paysage audiovisuel français), qu’on parle de magazine « people », de séjours « thalasso », de vols « low-cost »…, on cherche quelque part à s’intégrer socialement, à prouver son appartenance à une époque et à un groupe socioculturel. Comme l’explique très bien Michèle Verdelhan-Bourgade dans son article « Procédés sémantiques et lexicaux en français branché »[3], ce phénomène linguistique se forme notamment par le biais de sigles, d’anglicismes,…
D’un point de vue sociolinguistique, nous pouvons ajouter que ces processus de formation révèlent les caractéristiques de notre société contemporaine : une volonté consciente ou inconsciente d’aller toujours plus vite (via les sigles) et de s’apparenter au monde anglosaxon (via les anglicismes). On retrouve partout des raccourcis linguistiques employés pour répondre à l’accélération de notre mode de vie : NAC (acronyme de nouveaux animaux de compagnie), UBM (unité de bruit médiatique), Bobo (abréviation de bourgeois-bohème, lui même adapté de l’américain bourgeois-bohemian). Certains termes allient cette volonté de s’apparenter au monde anglo-saxon tout en répondant au besoin d’accélération du mode de vie : Asap (acronyme de as soon as possible, ce qui, traduit en français, donne : dès que possible). L’information va vite et nous devons être à même de la saisir à temps pour être, nous-mêmes, « branchés », « connectés ».
Le français « branché » ou « précieux » constitue une réponse linguistique à notre société contemporaine.

Le français « précieux » comme moyen de se démarquer

Le locuteur utilise également cette nouvelle forme linguistique pour accéder à l’originalité. En français « branché » les mots changent de sens. Le verbe « jeter » par exemple acquiert une nouvelle acception lorsqu’on dit d’une voiture qu’elle en jette (« jeter » signifie ici « être beau »). On surprend, on dit de quelqu’un qu’il craint non pas parce qu’il a peur de quelque chose mais bien parce qu’il n’est pas dans le mouvement, qu’il est nul. Être branché, c’est être connecté, comprendre le fonctionnement du monde et le prouver par la communication.
Parfois, l’on cherche tellement à se démarquer par l’originalité que le français en devient précieux. On cherche à ne pas choquer, à caresser le français (ou le destinataire) dans le sens du poil [5].
Si vous souhaitez démarquer votre produit cosmétique à des fins marketing, vous parlez d’une crème pour « peaux à problèmes » et non pas d’acné.
Dans le milieu des ressources humaines, on ne recrute pas de femmes de ménage mais bien des « techniciennes de surface ».
Les femmes contemporaines ne pratiquent plus l’avortement mais l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) et la guerre n’est pas digne de la préciosité puisque désormais « on retient l’option militaire ».
Là encore, ces expressions sont un moyen de donner du prix à sa personne, de relever la langue, d’apporter une importance au discours mais aussi d’employer l’euphémisme nécessaire à l’esprit francophone.

Le paradoxe éventuel

La volonté de se démarquer et/ou de s’intégrer socialement par la langue touche de plus en plus de locuteurs qui souhaitent ne pas se retrouver en marge des parlures à la mode. Ainsi, le PAF inonde la presse, tous les magazines deviennent people. Les stars deviennent un modèle pour les « jeuns » (prononcer à l’anglaise « djeuns »).
On s’inquiète de voir quand même une certaine uniformisation du style car la volonté d’intégration déshumanise parfois en retirant au locuteur l’originalité qu’il pourrait avoir s’il dévoilait sa pensée tel quel, en l’état. Ne peut-on pas se demander si en cherchant l’originalité par le biais du français « branché », le locuteur, paradoxalement, la perd  ?

Conclusion

Nous avons vu dans un premier temps que le français « branché » constituait de par son appellation un moyen pour le locuteur d’être dans le vent. Dans un deuxième temps, cette innovation linguistique témoigne d’une volonté d’élever la langue et de la rendre plus expressive.
Nous aurons également posé la question de l’éventuel paradoxe que cette nouvelle forme pouvait entraîner.
Il est évident que ce nouveau-né du français est une richesse. Toutefois, il s’agit ici de ne pas « oublier » de poursuivre l’évolution de la langue afin de ne pas entrer dans des modèles linguistiques qui nuiraient à la diversité linguistique, et donc socioculturelle.

Bibliographie

1. I. Skouratov, N. Diakiv, « La Francophonie, hier, aujourd’hui et demain » // Founktsional’nyj analiz yazykovykh edinits v romanksikh yazykakh. Megvouzovskij sbornik naoutchnykh troudov. Moskva, 2009. – P. 85-89. (Analyse fonctionnelle des unités linguistiques dans les langues romanes. In.: Recueil d’ouvrages scientifiques, Moscou, 2009, pp. 85-89)
2. P. Merle, « Précis de français précieux au XXIe siècle », Ed. Renaissance du livre ; 2002, 176 p.
3. M. Verdelhan-Bourgade, « Procédés sémantiques et lexicaux en français branché » In: Langue française. N°90, 1991. pp. 65-79. (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lfr_0023-8368_1991_num_90_1_6196)
4. Ministère français de la culture et communication, Article « Jouez avec les mots des journalistes » (http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/clemi/mots_journalistes.htm#7)
5. .I. Skouratov, K. Bacquet, « Le multilinguisme sur Internet ou du respect de la diversité interculturelle », à paraître dans les Actes du IV Symposium sur la linguistique à Bucarest (5-6 novembre 2010).

Glossaire des termes de la presse

Parce que tout traducteur est un jour ou l’autre confronté à ce genre de terme, ou que certains d’entre nous seront même publiés, il m’a semblé utile de vous faire partager ce glossaire disponible sur le site du gouvernement à l’adresse suivante : http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/clemi/definitions.htm

Accroche : une ou deux phrases en tête d’article, destinée(s) à retenir, “accrocher” l’attention du lecteur.

Agence : structure organisée pour collecter l’information (via des journalistes en poste dans le monde entier), la mettre en forme (c’est le rôle des journalistes de “desk”) et la redistribuer (moyennant paiement d’un abonnement) aux médias (presse écrite, radio, télévision), aux grandes entreprises et aux pouvoirs politiques. L’Agence France Presse, Reuter, United Press ou Associated Press sont les agences les plus importantes dans le monde.

Angle : façon de traiter un sujet, qui déterminera le plan de l’article. Par exemple, on peut traiter d’un conflit social à partir de différents points de vue : celui des pouvoirs publics, des syndicats, des usagers, etc.

BAT : (“bon à tirer”) dernier contrôle des pages avant le départ pour l’imprimerie. C’est vraiment l’ultime étape de correction possible.

Bidonner : en argot du métier, rapporter des faits “bidons”, c’est-à-dire falsifier ou inventer des informations.

Bouclage : mise en forme définitive d’une page (texte et images) avant correction et BAT. En principe, au bouclage, on ne peut plus rien changer. En pratique, notamment dans les quotidiens, c’est le moment où des pages peuvent être refaites, si tombe une information importante.

Bouillon : ensemble des invendus d’une publication (différence entre le tirage, nombre d’exemplaires imprimés, et la diffusion, nombre d’exemplaires vendus).

Bourdon : oubli d’un ou plusieurs mots dans un article, qui rend la phrase ou le paragraphe incompréhensible. Différent de la coquille.

Brève : par opposition au dossier ou à l’enquête, la brève est un texte court (dix lignes maximum). Lorsqu’elle a un titre, on l’appelle “filet”. Dans un cadre, elle devient “encadré”.

Canard : au XVIe siècle, fausse nouvelle. Désigne aujourd’hui, familièrement, les journaux.

Caviarder : autrefois, rayer à l’encre noire un passage de texte ou un texte entier, à des fins de censure. Aujourd’hui, opérer dans un article des coupes qui en altèrent le sens.

Chapô/ Chapeau : texte d’introduction qui “coiffe” un article, généralement présenté en plus gros, et en caractères gras. À mi-chemin du résumé et de l’accroche, il concentre en quelques lignes l’essentiel de l’information. Le chapô fait partie de la titraille.

Chiens écrasés : le plus bas degré de la hiérarchie des informations. Est donc devenu, dans l’argot journalistique, l’équivalent des faits divers. “Faire les chiens écrasés” signifie couvrir les faits les moins importants, voire les plus sordides.

Claviste : successeur (souvent de sexe féminin) des linotypistes dans les années 1970-1980, aux débuts de la composition informatique. La claviste tapait sur ordinateur les articles des journalistes. Le quotidien Libération se distinguait alors par des “Notes de la claviste” (NDLC), commentaires libres (et parfois sauvages) aux articles. Aujourd’hui, presque tous les journalistes tapent directement leurs papiers sur leur ordinateur.

Col : abréviation de “colonne” : mode de mise en page des textes, composés et alignés en colonnes à lire les unes après les autres. Dans un quotidien, le nombre de cols consacrées à un article indique son importance. Exemple : avec “5 cols à la Une”, un texte est très en vedette.

Composer/ Composition : transformer un manuscrit (écrit à la main ou saisi sur ordinateur) en texte imprimé, tel qu’il apparaîtra dans le journal. L’ensemble des règles de composition relève de la typographie.

Coquille/ couille : faute d’orthographe, d’impression. L’univers des typographes étant, historiquement, essentiellement masculin, le mot “coquille” s’altère bien sûr en “couille”, de registre argotique.

Corps : taille d’un caractère. Plus la “force de corps” est élevée, plus la lettre est grosse. Traditionnellement, le corps se mesure en points (unité typographique inventée au XVIIIe siècle par un imprimeur). Exemple : un texte en corps 6 est difficile à lire (6 points font un peu moins de 2 mm de haut). Les textes des magazines vont du corps 10 au corps 12. Un titre sera composé en corps 48 et plus.

Correcteur : personne très cultivée et pointilleuse qui, dans un journal, relit les textes pour y traquer, outre les fautes de langue et d’orthographe, les erreurs, incohérences, coquilles ou incongruités diverses. Pour des raisons économiques, les éditeurs ont tendance à supprimer cette catégorie de personnel, pourtant indispensable.

Correspondant : journaliste détaché par sa rédaction ou son agence, qui suit l’actualité sur le terrain et en rend compte régulièrement. Dans la presse locale, les correspondants sont des personnes rétribuées par la rédaction (pas forcément journalistes) pour suivre les événements dans telle ou telle zone, trop petite pour y ouvrir un bureau.

Couvrir : suivre un événement, traiter une information. Exemple : “Dans les années 1940, c’est André Sartres qui couvrait les sports pour France-soir”.

Déontologie : ensemble des règles morales et des devoirs d’une profession. Les journalistes français se doivent de respecter une “Charte des devoirs professionnels”, rédigée en 1918 par un syndicat des journalistes alors naissant.

Dépêche : le mot s’appliquait, autrefois, à toute forme de communication rapide (par porteur, pigeon voyageur, télégramme, par exemple), quel qu’en fût l’émetteur. À l’heure des transmissions électroniques, une dépêche est d’abord une information diffusée par une agence.

Echo : désigne, au départ, toute nouvelle ou rumeur répétée par quelqu’un. S’applique à présent plus particulièrement aux informations mondaines ou locales d’un journal. Le journaliste chargé de cette rubrique s’appelle un “échotier”.

Ecrans : utilisé pour écrans d’ordinateurs. D’abord limité à la composition des textes dans les années 1970, l’usage de l’informatique s’est, en quinze / vingt ans, étendu à la maquette, à la mise en couleurs, au traitement des photos, etc. Aujourd’hui, une salle de rédaction se présente d’abord comme une forêt d’écrans.

Edito : abréviation d’“éditorial”. Rédigé par le rédacteur en chef ou le directeur de la rédaction, l’éditorial est un texte de réflexion et de commentaire, soit réaction à une actualité donnée, soit réaffirmation périodique de l’orientation de la publication.

Fait divers : événement plus ou moins important qui ne relève ni de l’actualité mondiale, ni de la politique, ni de l’économie. Le fait divers est un accroc à l’ordre social, le plus souvent malheureux : accident de toute sorte, catastrophe aérienne, drame conjugal, enlèvement, mort d’une star, etc. Il est intéressant de savoir, par exemple, que jusqu’à ces dix dernières années, les journaux soviétiques ne relataient pas les faits divers, qui auraient traduit une faille du système. En argot journalistique, le fait divers se dit chien écrasé.

Feuillet : unité de mesure de la longueur d’un article : 25 lignes de 60 caractères, blancs (espaces) compris, soit 1500 caractères (ou signes).

Frigo : en radio / télévision plus particulièrement, désigne les reportages “gardés au frais” et en réserve en attendant leur diffusion (argotique). S’emploie aussi, avec le même sens, en presse écrite, et devient alors synonyme de marbre.

Gazette : mot un peu désuet désignant un quotidien ou une revue (hebdomadaire ou mensuelle).

Hebdo : abréviation de “hebdomadaire” : revue paraissant une fois par semaine.

Info/ infos : abréviation d’ “information” : compte rendu des faits et événements, matière première de l’activité du journaliste. Les pages d’infos génés (abréviation d’ “informations générales”) sont celles qui, dans un quotidien régional, regroupent les informations de portée nationale (par opposition aux pages locales).

Inter : abréviation d’ “intertitre” : titre intermédiaire (une phrase ou quelques mots), composé en plus gros, en couleur, en gras…, qui rythme les colonnes de texte, de façon à en rendre la lecture moins fastidieuse. En théorie, il devrait suffire de lire chapô et inters pour connaître les informations essentielles d’un article.

Journaleux : nom péjoratif du journaliste.

Journaliste : personne qui a pour principale activité rétribuée de collaborer à un journal – tel est, en tout cas, le critère d’attribution de la carte qui, en France, atteste de l’appartenance à la profession. La France compte aujourd’hui autour de 28 000 journalistes, dont 39% de femmes. Le terme recouvre des fonctions très diverses et hiérarchisées, du rédacteur de base au directeur de la rédaction, en passant par le reporter (qui enquête sur le terrain), le secrétaire de rédaction, le chef de service, etc.

Légende : (légender) Court texte accompagnant une photo ou un dessin et visant à lui donner un sens.

En bonne théorie, aucune photo ne devrait paraître sans sa légende.

Lino : abréviation, selon le contexte, de “linotype” (machine à composer les textes, ancêtre des claviers d’ordinateurs) ou “linotypiste” (personne qui travaillait sur cette machine). Les linotypistes étaient souvent des hommes, sauf au journal La Croix où, au moins jusqu’à la fin des années 1960, on trouvait des religieuses devant les claviers des linotypes.

locale/ localier : bureau local d’un quotidien régional, où sont rédigées les pages relatives à une ville et son voisinage proche. L’ensemble des pages locales sont ensuite regroupées au siège pour être imprimées avec le reste du journal. On appelle “localier” le journaliste responsable d’une locale, ou rédacteur dans un tel bureau.

Main courante : dans le domaine commercial, registre sur lequel sont consignées des opérations. Les commissariats de police, casernes de pompiers, hôpitaux… ont aussi leur main courante, où sont notés incidents et interventions. La tournée des mains courantes est le premier devoir quotidien du localier : les faits divers sont la rubrique la plus lue du journal.

Manchette : très gros titre barrant la première page d’un quotidien.

Marbre : De Gutenberg aux années 1970, désigne la table (de fonte, et non de marbre, d’ailleurs) sur lesquelles sont montées les pages d’un journal ou d’un livre avant leur impression. À présent que ces tables ont disparu des ateliers, désigne les articles en réserve (en presse écrite).

Marronnier : en argot journalistique, sujet qui revient de façon cyclique au fil des saisons, comme les feuilles des arbres.

Exemples : les régimes amaigrissants juste avant l’été, la rentrée des classes, les fêtes de fin d’année, etc.

Mastic : mélange de lignes ou de paragraphes dans une col. Le mastic se commettait surtout à l’époque où l’on composait avec des lignes et des blocs de plomb susceptibles d’être intervertis.

Morasse : au temps de la composition au plomb, dernière épreuve de lecture, obtenue en appliquant sur la page montée encrée une feuille de papier aplatie à la brosse. Trop d’encre rendait la feuille noire et, donc, illisible. Le mot lui-même vient de l’italien “moraccio” (noiraud).

Montage : assemblage des textes et des photos qui composent une page.

Nécro : abréviation de “nécrologie”, texte publié à l’occasion de la mort d’une personnalité. Les quotidiens et les hebdos rassemblent à l’avance les éléments biographiques relatifs aux personnages en vue, et les mettent à jour régulièrement. Ce qui leur permet de sortir très rapidement la nécro du héros défunt.

News : de l’anglais news magazine : magazine d’actualité générale, de petit format. Par exemple Time ou Newsweek aux Etats-Unis, l’Express, l’Événement du Jeudi, le Point… en France.

Ours : au XIXe siècle, surnom donné au patron d’une imprimerie. Ce dernier, juridiquement responsable de ce qu’il publiait, était tenu de mentionner son nom et son adresse sur livres et journaux. Par extension, l’ours désigne aujourd’hui l’endroit où, dans une publication, sont répertoriés les noms et fonctions des collaborateurs (rédaction, services commerciaux et administratifs) avec, toujours, celui de l’imprimeur !

Paparazzo : photographe de presse, travaillant à son compte ou pour une agence, habile à traquer la photo non officielle, difficile, voire “interdite”. Désigne particulièrement les photographes chasseurs de stars, ne reculant parfois devant rien pour obtenir des clichés dont le public est friand et que les journaux à scandales s’arrachent à prix d’or. Ces voleurs d’image cachent souvent d’excellents professionnels, dont les photos révèlent des situations scandaleuses soigneusement dissimulées (exemple récent : le reportage des photographes de l’agence Sygma “volé” sur le marché de Sarajevo, après un bombardement, pendant la guerre en Bosnie).

Pige/ pigiste : au XIXe siècle, la pige était la quantité de travail qu’un typographe devait effectuer en un temps et pour une rémunération donnés. Désigne aujourd’hui le mode de rémunération d’un journaliste pigiste, payé à la ligne ou à l’article. Depuis 1974, la loi française attribue à ces “indépendants” les mêmes droits qu’aux journalistes salariés.

pilonner Détruire les exemplaires invendus (dans une cuve où ils sont broyés avec un pilon).

Pisse-copie : surnom péjoratif et argotique du journaliste qui noircit dix feuillets là où un suffirait. Traditionnellement payés à la ligne, les pigistes peuvent parfois céder à la tentation de “pisser” plus de copie que nécessaire…

Prote : contremaître dans un atelier d’imprimerie.

Quadri : abréviation de “quadrichromie”, procédé d’impression en couleurs à partir de quatre tons de base (rouge-violet, jaune, bleu et noir).

Rédac’chef : abréviation de “rédacteur en chef” : journaliste responsable d’une rédaction (ou d’un secteur de celle-ci dans les journaux très importants). Autorité suprême après le directeur de rédaction et le directeur de publication, représentant légal du journal.

Reportage/ reporter : enquête sur le terrain donnant lieu à un compte rendu (de l’anglais report, relater) sous forme d’article ou ensemble d’articles. Le reporter est le journaliste chargé de ce type d’enquête.

Rewriting rewriter Prononcer riraïtinngue, riraïteur. De l’anglais rewrite, récrire. Donc, récriture / adaptation d’un texte (trop long, trop court, mal écrit, etc.) avant publication. Le rewriter est le journaliste chargé de cette tâche.

Roto : abréviation de “rotative”, pour “presse rotative”, machine sur laquelle sont imprimés les journaux et magazines.

Rubrique : ensemble d’articles réguliers, couvrant plusieurs aspects d’un même domaine.

Sabrer : opérer d’importantes coupures dans un texte trop long, mais sans altérer l’esprit de celui-ci. Ce qui est différent du caviardage.

Scoop : information exclusive, c’est-à-dire que l’on est seul à posséder, au moins pour quelques minutes. Rêve absolu de tout journaliste ou rédacteur en chef, difficile à concrétiser : pratiquement toutes les agences diffusent les mêmes informations en même temps.

Secrétaire de rédaction : journaliste chargé de veiller à la bonne réalisation du journal. Sauf si ce dernier possède son équipe de rewriters, le “SR” reprend les textes, rédige chapôs, inters et légendes, travaille les titres, puis contrôle les étapes de fabrication jusqu’au BAT. Dans un quotidien, il peut aussi faire les maquettes.

Signe : lettre, signe de ponctuation, blanc entre les mots sont des signes. Le signe est l’unité de base du feuillet. Calculer le nombre de signes d’un papier permet de prévoir la surface qu’il occupera dans la page. Les Anglo-saxons ne comptent pas au signe, mais au mot.

Tartiner : faire beaucoup trop long sur un sujet qui ne le mérite guère (argotique). Voir tirer à la ligne.

Tirage : nombre d’exemplaires imprimés. Ne pas confondre avec la diffusion, nombre d’exemplaires réellement vendus (ou offerts en promotion). La différence entre les deux est le bouillon. La santé d’un journal est aussi tributaire de son audience : on considère que chaque numéro vendu est lu par plusieurs personnes ; l’audience est donc égale à la diffusion multipliée par un coefficient donné (2 pour un quotidien, entre 3 et 5 pour un mensuel). Plus le chiffre obtenu est élevé, plus le journal peut espérer séduire les publicitaires, et donc gagner d’argent.

Exemple : Télé 7 Jours est vendu à 2,5 millions d’exemplaires, et a une audience d’au moins 8 à 10 millions de lecteurs.

Tirer à la ligne : à peu près synonyme de pisser de la copie ou de tartiner. Mais on peut aussi tirer à la ligne quand on a du mal à boucler un papier, même s’il ne fait que deux feuillets.

Titraille : ensemble des éléments d’un titre (surtitre, titre principal, sous-titre), dont la diversité typographique est destinée à attirer le regard.

Exemple : Sur une ligne, en italique : Tragique accident au pont de l’Alma

Le plus gros possible, en lettres capitales : LADY DI SE TUE EN VOITURE

Typo : abréviation de typographie ou de typographe, selon le contexte. La typographie désigne à la fois un ensemble de techniques d’impression, et la manière dont un texte est composé. C’est-à-dire le caractère utilisé (défini par le dessin de la lettre), son corps (sa taille), gras ou maigre, en romain (droit) ou en italique (penché). Un(e) typographe est celui (ou celle) qui travaille dans un des domaines de la typographie.

Tourne : suite d’un article commencé sur une page et se terminant sur une autre.

Une Première page d’un quotidien : véritable vitrine, elle doit véhiculer, outre la ou les information(s) capitales, l’image du journal tout entier, et donner envie de l’acheter.

Viande froide : terme très argotique pour nécro. “Rafraîchir les viandes froides” signifie mettre à jour les notices biographiques en réserve.

Pendre la crémaillère

En relisant un texte technique, je suis tombée sur le mot « crémaillère ». Au début je me suis dit qu’il devait y avoir une erreur de traduction car je ne connaissais pas le terme autrement que dans l’expression « pendre la crémaillère ». J’ai donc fait quelques recherches et quelle ne fût pas ma surprise de voir que l’expression remontait au Moyen Âge. En fait la crémaillère est une tige de métal, équipée de crans qui servait autrefois à suspendre les marmites de cuisine au dessus du feu de la cheminée. La coutume voulait qu’à l’époque tous les amis, la famille et même certains voisins s’entraidaient lors des différents déménagements. Pour les récompenser et les remercier de leurs efforts, l’hôte de la maison qui était emménagée leur servait un repas et pendait donc la crémaillère.

En anglais, l’expression perd son sens originel pour devenir « a housewarming party » (littéralement, une fête chaleureuse de maison). L’expression « je me coucherais moins bête ce soir » prend tout son sens avec la traduction et c’est ça qui fait que j’aime tant ce métier.