Archive for the ‘Expressions idiomatiques’ Category
Le français, une langue animale
Merci à Vivie pour ta contribution !
FAUT-IL RESTER CONNECTÉ AU FRANÇAIS « BRANCHÉ » ?
Introduction
Le français « branché » comme moyen d’intégration socioculturelle
Le français « précieux » comme moyen de se démarquer
Le paradoxe éventuel
Conclusion
Bibliographie
Glossaire des termes de la presse
Parce que tout traducteur est un jour ou l’autre confronté à ce genre de terme, ou que certains d’entre nous seront même publiés, il m’a semblé utile de vous faire partager ce glossaire disponible sur le site du gouvernement à l’adresse suivante : http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/clemi/definitions.htm
Accroche : une ou deux phrases en tête d’article, destinée(s) à retenir, “accrocher” l’attention du lecteur.
Agence : structure organisée pour collecter l’information (via des journalistes en poste dans le monde entier), la mettre en forme (c’est le rôle des journalistes de “desk”) et la redistribuer (moyennant paiement d’un abonnement) aux médias (presse écrite, radio, télévision), aux grandes entreprises et aux pouvoirs politiques. L’Agence France Presse, Reuter, United Press ou Associated Press sont les agences les plus importantes dans le monde.
Angle : façon de traiter un sujet, qui déterminera le plan de l’article. Par exemple, on peut traiter d’un conflit social à partir de différents points de vue : celui des pouvoirs publics, des syndicats, des usagers, etc.
BAT : (“bon à tirer”) dernier contrôle des pages avant le départ pour l’imprimerie. C’est vraiment l’ultime étape de correction possible.
Bidonner : en argot du métier, rapporter des faits “bidons”, c’est-à-dire falsifier ou inventer des informations.
Bouclage : mise en forme définitive d’une page (texte et images) avant correction et BAT. En principe, au bouclage, on ne peut plus rien changer. En pratique, notamment dans les quotidiens, c’est le moment où des pages peuvent être refaites, si tombe une information importante.
Bouillon : ensemble des invendus d’une publication (différence entre le tirage, nombre d’exemplaires imprimés, et la diffusion, nombre d’exemplaires vendus).
Bourdon : oubli d’un ou plusieurs mots dans un article, qui rend la phrase ou le paragraphe incompréhensible. Différent de la coquille.
Brève : par opposition au dossier ou à l’enquête, la brève est un texte court (dix lignes maximum). Lorsqu’elle a un titre, on l’appelle “filet”. Dans un cadre, elle devient “encadré”.
Canard : au XVIe siècle, fausse nouvelle. Désigne aujourd’hui, familièrement, les journaux.
Caviarder : autrefois, rayer à l’encre noire un passage de texte ou un texte entier, à des fins de censure. Aujourd’hui, opérer dans un article des coupes qui en altèrent le sens.
Chapô/ Chapeau : texte d’introduction qui “coiffe” un article, généralement présenté en plus gros, et en caractères gras. À mi-chemin du résumé et de l’accroche, il concentre en quelques lignes l’essentiel de l’information. Le chapô fait partie de la titraille.
Chiens écrasés : le plus bas degré de la hiérarchie des informations. Est donc devenu, dans l’argot journalistique, l’équivalent des faits divers. “Faire les chiens écrasés” signifie couvrir les faits les moins importants, voire les plus sordides.
Claviste : successeur (souvent de sexe féminin) des linotypistes dans les années 1970-1980, aux débuts de la composition informatique. La claviste tapait sur ordinateur les articles des journalistes. Le quotidien Libération se distinguait alors par des “Notes de la claviste” (NDLC), commentaires libres (et parfois sauvages) aux articles. Aujourd’hui, presque tous les journalistes tapent directement leurs papiers sur leur ordinateur.
Col : abréviation de “colonne” : mode de mise en page des textes, composés et alignés en colonnes à lire les unes après les autres. Dans un quotidien, le nombre de cols consacrées à un article indique son importance. Exemple : avec “5 cols à la Une”, un texte est très en vedette.
Composer/ Composition : transformer un manuscrit (écrit à la main ou saisi sur ordinateur) en texte imprimé, tel qu’il apparaîtra dans le journal. L’ensemble des règles de composition relève de la typographie.
Coquille/ couille : faute d’orthographe, d’impression. L’univers des typographes étant, historiquement, essentiellement masculin, le mot “coquille” s’altère bien sûr en “couille”, de registre argotique.
Corps : taille d’un caractère. Plus la “force de corps” est élevée, plus la lettre est grosse. Traditionnellement, le corps se mesure en points (unité typographique inventée au XVIIIe siècle par un imprimeur). Exemple : un texte en corps 6 est difficile à lire (6 points font un peu moins de 2 mm de haut). Les textes des magazines vont du corps 10 au corps 12. Un titre sera composé en corps 48 et plus.
Correcteur : personne très cultivée et pointilleuse qui, dans un journal, relit les textes pour y traquer, outre les fautes de langue et d’orthographe, les erreurs, incohérences, coquilles ou incongruités diverses. Pour des raisons économiques, les éditeurs ont tendance à supprimer cette catégorie de personnel, pourtant indispensable.
Correspondant : journaliste détaché par sa rédaction ou son agence, qui suit l’actualité sur le terrain et en rend compte régulièrement. Dans la presse locale, les correspondants sont des personnes rétribuées par la rédaction (pas forcément journalistes) pour suivre les événements dans telle ou telle zone, trop petite pour y ouvrir un bureau.
Couvrir : suivre un événement, traiter une information. Exemple : “Dans les années 1940, c’est André Sartres qui couvrait les sports pour France-soir”.
Déontologie : ensemble des règles morales et des devoirs d’une profession. Les journalistes français se doivent de respecter une “Charte des devoirs professionnels”, rédigée en 1918 par un syndicat des journalistes alors naissant.
Dépêche : le mot s’appliquait, autrefois, à toute forme de communication rapide (par porteur, pigeon voyageur, télégramme, par exemple), quel qu’en fût l’émetteur. À l’heure des transmissions électroniques, une dépêche est d’abord une information diffusée par une agence.
Echo : désigne, au départ, toute nouvelle ou rumeur répétée par quelqu’un. S’applique à présent plus particulièrement aux informations mondaines ou locales d’un journal. Le journaliste chargé de cette rubrique s’appelle un “échotier”.
Ecrans : utilisé pour écrans d’ordinateurs. D’abord limité à la composition des textes dans les années 1970, l’usage de l’informatique s’est, en quinze / vingt ans, étendu à la maquette, à la mise en couleurs, au traitement des photos, etc. Aujourd’hui, une salle de rédaction se présente d’abord comme une forêt d’écrans.
Edito : abréviation d’“éditorial”. Rédigé par le rédacteur en chef ou le directeur de la rédaction, l’éditorial est un texte de réflexion et de commentaire, soit réaction à une actualité donnée, soit réaffirmation périodique de l’orientation de la publication.
Fait divers : événement plus ou moins important qui ne relève ni de l’actualité mondiale, ni de la politique, ni de l’économie. Le fait divers est un accroc à l’ordre social, le plus souvent malheureux : accident de toute sorte, catastrophe aérienne, drame conjugal, enlèvement, mort d’une star, etc. Il est intéressant de savoir, par exemple, que jusqu’à ces dix dernières années, les journaux soviétiques ne relataient pas les faits divers, qui auraient traduit une faille du système. En argot journalistique, le fait divers se dit chien écrasé.
Feuillet : unité de mesure de la longueur d’un article : 25 lignes de 60 caractères, blancs (espaces) compris, soit 1500 caractères (ou signes).
Frigo : en radio / télévision plus particulièrement, désigne les reportages “gardés au frais” et en réserve en attendant leur diffusion (argotique). S’emploie aussi, avec le même sens, en presse écrite, et devient alors synonyme de marbre.
Gazette : mot un peu désuet désignant un quotidien ou une revue (hebdomadaire ou mensuelle).
Hebdo : abréviation de “hebdomadaire” : revue paraissant une fois par semaine.
Info/ infos : abréviation d’ “information” : compte rendu des faits et événements, matière première de l’activité du journaliste. Les pages d’infos génés (abréviation d’ “informations générales”) sont celles qui, dans un quotidien régional, regroupent les informations de portée nationale (par opposition aux pages locales).
Inter : abréviation d’ “intertitre” : titre intermédiaire (une phrase ou quelques mots), composé en plus gros, en couleur, en gras…, qui rythme les colonnes de texte, de façon à en rendre la lecture moins fastidieuse. En théorie, il devrait suffire de lire chapô et inters pour connaître les informations essentielles d’un article.
Journaleux : nom péjoratif du journaliste.
Journaliste : personne qui a pour principale activité rétribuée de collaborer à un journal – tel est, en tout cas, le critère d’attribution de la carte qui, en France, atteste de l’appartenance à la profession. La France compte aujourd’hui autour de 28 000 journalistes, dont 39% de femmes. Le terme recouvre des fonctions très diverses et hiérarchisées, du rédacteur de base au directeur de la rédaction, en passant par le reporter (qui enquête sur le terrain), le secrétaire de rédaction, le chef de service, etc.
Légende : (légender) Court texte accompagnant une photo ou un dessin et visant à lui donner un sens.
En bonne théorie, aucune photo ne devrait paraître sans sa légende.
Lino : abréviation, selon le contexte, de “linotype” (machine à composer les textes, ancêtre des claviers d’ordinateurs) ou “linotypiste” (personne qui travaillait sur cette machine). Les linotypistes étaient souvent des hommes, sauf au journal La Croix où, au moins jusqu’à la fin des années 1960, on trouvait des religieuses devant les claviers des linotypes.
locale/ localier : bureau local d’un quotidien régional, où sont rédigées les pages relatives à une ville et son voisinage proche. L’ensemble des pages locales sont ensuite regroupées au siège pour être imprimées avec le reste du journal. On appelle “localier” le journaliste responsable d’une locale, ou rédacteur dans un tel bureau.
Main courante : dans le domaine commercial, registre sur lequel sont consignées des opérations. Les commissariats de police, casernes de pompiers, hôpitaux… ont aussi leur main courante, où sont notés incidents et interventions. La tournée des mains courantes est le premier devoir quotidien du localier : les faits divers sont la rubrique la plus lue du journal.
Manchette : très gros titre barrant la première page d’un quotidien.
Marbre : De Gutenberg aux années 1970, désigne la table (de fonte, et non de marbre, d’ailleurs) sur lesquelles sont montées les pages d’un journal ou d’un livre avant leur impression. À présent que ces tables ont disparu des ateliers, désigne les articles en réserve (en presse écrite).
Marronnier : en argot journalistique, sujet qui revient de façon cyclique au fil des saisons, comme les feuilles des arbres.
Exemples : les régimes amaigrissants juste avant l’été, la rentrée des classes, les fêtes de fin d’année, etc.
Mastic : mélange de lignes ou de paragraphes dans une col. Le mastic se commettait surtout à l’époque où l’on composait avec des lignes et des blocs de plomb susceptibles d’être intervertis.
Morasse : au temps de la composition au plomb, dernière épreuve de lecture, obtenue en appliquant sur la page montée encrée une feuille de papier aplatie à la brosse. Trop d’encre rendait la feuille noire et, donc, illisible. Le mot lui-même vient de l’italien “moraccio” (noiraud).
Montage : assemblage des textes et des photos qui composent une page.
Nécro : abréviation de “nécrologie”, texte publié à l’occasion de la mort d’une personnalité. Les quotidiens et les hebdos rassemblent à l’avance les éléments biographiques relatifs aux personnages en vue, et les mettent à jour régulièrement. Ce qui leur permet de sortir très rapidement la nécro du héros défunt.
News : de l’anglais news magazine : magazine d’actualité générale, de petit format. Par exemple Time ou Newsweek aux Etats-Unis, l’Express, l’Événement du Jeudi, le Point… en France.
Ours : au XIXe siècle, surnom donné au patron d’une imprimerie. Ce dernier, juridiquement responsable de ce qu’il publiait, était tenu de mentionner son nom et son adresse sur livres et journaux. Par extension, l’ours désigne aujourd’hui l’endroit où, dans une publication, sont répertoriés les noms et fonctions des collaborateurs (rédaction, services commerciaux et administratifs) avec, toujours, celui de l’imprimeur !
Paparazzo : photographe de presse, travaillant à son compte ou pour une agence, habile à traquer la photo non officielle, difficile, voire “interdite”. Désigne particulièrement les photographes chasseurs de stars, ne reculant parfois devant rien pour obtenir des clichés dont le public est friand et que les journaux à scandales s’arrachent à prix d’or. Ces voleurs d’image cachent souvent d’excellents professionnels, dont les photos révèlent des situations scandaleuses soigneusement dissimulées (exemple récent : le reportage des photographes de l’agence Sygma “volé” sur le marché de Sarajevo, après un bombardement, pendant la guerre en Bosnie).
Pige/ pigiste : au XIXe siècle, la pige était la quantité de travail qu’un typographe devait effectuer en un temps et pour une rémunération donnés. Désigne aujourd’hui le mode de rémunération d’un journaliste pigiste, payé à la ligne ou à l’article. Depuis 1974, la loi française attribue à ces “indépendants” les mêmes droits qu’aux journalistes salariés.
pilonner Détruire les exemplaires invendus (dans une cuve où ils sont broyés avec un pilon).
Pisse-copie : surnom péjoratif et argotique du journaliste qui noircit dix feuillets là où un suffirait. Traditionnellement payés à la ligne, les pigistes peuvent parfois céder à la tentation de “pisser” plus de copie que nécessaire…
Prote : contremaître dans un atelier d’imprimerie.
Quadri : abréviation de “quadrichromie”, procédé d’impression en couleurs à partir de quatre tons de base (rouge-violet, jaune, bleu et noir).
Rédac’chef : abréviation de “rédacteur en chef” : journaliste responsable d’une rédaction (ou d’un secteur de celle-ci dans les journaux très importants). Autorité suprême après le directeur de rédaction et le directeur de publication, représentant légal du journal.
Reportage/ reporter : enquête sur le terrain donnant lieu à un compte rendu (de l’anglais report, relater) sous forme d’article ou ensemble d’articles. Le reporter est le journaliste chargé de ce type d’enquête.
Rewriting : rewriter Prononcer riraïtinngue, riraïteur. De l’anglais rewrite, récrire. Donc, récriture / adaptation d’un texte (trop long, trop court, mal écrit, etc.) avant publication. Le rewriter est le journaliste chargé de cette tâche.
Roto : abréviation de “rotative”, pour “presse rotative”, machine sur laquelle sont imprimés les journaux et magazines.
Rubrique : ensemble d’articles réguliers, couvrant plusieurs aspects d’un même domaine.
Sabrer : opérer d’importantes coupures dans un texte trop long, mais sans altérer l’esprit de celui-ci. Ce qui est différent du caviardage.
Scoop : information exclusive, c’est-à-dire que l’on est seul à posséder, au moins pour quelques minutes. Rêve absolu de tout journaliste ou rédacteur en chef, difficile à concrétiser : pratiquement toutes les agences diffusent les mêmes informations en même temps.
Secrétaire de rédaction : journaliste chargé de veiller à la bonne réalisation du journal. Sauf si ce dernier possède son équipe de rewriters, le “SR” reprend les textes, rédige chapôs, inters et légendes, travaille les titres, puis contrôle les étapes de fabrication jusqu’au BAT. Dans un quotidien, il peut aussi faire les maquettes.
Signe : lettre, signe de ponctuation, blanc entre les mots sont des signes. Le signe est l’unité de base du feuillet. Calculer le nombre de signes d’un papier permet de prévoir la surface qu’il occupera dans la page. Les Anglo-saxons ne comptent pas au signe, mais au mot.
Tartiner : faire beaucoup trop long sur un sujet qui ne le mérite guère (argotique). Voir tirer à la ligne.
Tirage : nombre d’exemplaires imprimés. Ne pas confondre avec la diffusion, nombre d’exemplaires réellement vendus (ou offerts en promotion). La différence entre les deux est le bouillon. La santé d’un journal est aussi tributaire de son audience : on considère que chaque numéro vendu est lu par plusieurs personnes ; l’audience est donc égale à la diffusion multipliée par un coefficient donné (2 pour un quotidien, entre 3 et 5 pour un mensuel). Plus le chiffre obtenu est élevé, plus le journal peut espérer séduire les publicitaires, et donc gagner d’argent.
Exemple : Télé 7 Jours est vendu à 2,5 millions d’exemplaires, et a une audience d’au moins 8 à 10 millions de lecteurs.
Tirer à la ligne : à peu près synonyme de pisser de la copie ou de tartiner. Mais on peut aussi tirer à la ligne quand on a du mal à boucler un papier, même s’il ne fait que deux feuillets.
Titraille : ensemble des éléments d’un titre (surtitre, titre principal, sous-titre), dont la diversité typographique est destinée à attirer le regard.
Exemple : Sur une ligne, en italique : Tragique accident au pont de l’Alma
Le plus gros possible, en lettres capitales : LADY DI SE TUE EN VOITURE
Typo : abréviation de typographie ou de typographe, selon le contexte. La typographie désigne à la fois un ensemble de techniques d’impression, et la manière dont un texte est composé. C’est-à-dire le caractère utilisé (défini par le dessin de la lettre), son corps (sa taille), gras ou maigre, en romain (droit) ou en italique (penché). Un(e) typographe est celui (ou celle) qui travaille dans un des domaines de la typographie.
Tourne : suite d’un article commencé sur une page et se terminant sur une autre.
Une Première page d’un quotidien : véritable vitrine, elle doit véhiculer, outre la ou les information(s) capitales, l’image du journal tout entier, et donner envie de l’acheter.
Viande froide : terme très argotique pour nécro. “Rafraîchir les viandes froides” signifie mettre à jour les notices biographiques en réserve.
Pendre la crémaillère
En relisant un texte technique, je suis tombée sur le mot “crémaillère”. Au début je me suis dit qu’il devait y avoir une erreur de traduction car je ne connaissais pas le terme autrement que dans l’expression “pendre la crémaillère”. J’ai donc fait quelques recherches et quelle ne fût pas ma surprise de voir que l’expression remontait au Moyen Âge. En fait la crémaillère est une tige de métal, équipée de crans qui servait autrefois à suspendre les marmites de cuisine au dessus du feu de la cheminée. La coutume voulait qu’à l’époque tous les amis, la famille et même certains voisins s’entraidaient lors des différents déménagements. Pour les récompenser et les remercier de leurs efforts, l’hôte de la maison qui était emménagée leur servait un repas et pendait donc la crémaillère.
En anglais, l’expression perd son sens originel pour devenir “a housewarming party” (littéralement, une fête chaleureuse de maison). L’expression “je me coucherais moins bête ce soir” prend tout son sens avec la traduction et c’est ça qui fait que j’aime tant ce métier.
Les inclassables
Suite et fin des expressions idiomatiques concernant nos amies les bêtes…
- J’ai des fourmis dans les jambes : I’ve got pins and needles in my legs (j’ai des épingles et des aiguilles dans les jambes)
Aïe !
- J’ai dormi comme un loir : I slept like a log (j’ai dormi comme une souche)
Il faut se méfier de la souche qui dort ! Parce que oui, ça dort une souche !
- On n’apprend pas au vieux singe à faire des grimaces : don’t teach your grandmother to suck eggs (on n’apprend pas à sa grand-mère à gober les œufs)
Elle n’est pas née de la dernière pluie la mère-grand !
- Ce projet est un gouffre financier : this scheme is a white elephant (ce projet est un éléphant blanc)
L’expression vient des pays de tradition hindouiste ou bouddhiste. La veille de la naissance de Bouddha, sa mère aurait rêvé d’un éléphant blanc. A partir de cette légende, s’est développé une sacralisation des éléphants blancs. Il n’était notamment pas permis de les faire travailler. Les éléphants blancs sont devenus des offrandes prestigieuses que les princes de l’Inde se faisaient entre eux. Pour certains de ces princes, moins nantis que les autres, le cadeau n’était pas sans poser de problèmes. Entre l’obligation de bien traiter l’animal et l’interdiction de le faire travailler, la possession d’un éléphant blanc pouvait devenir dispendieuse.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9phant_blanc_(expression)
Les sous-marins
- Elle est plate comme une limande : she’s as flat as a pancake (elle est plate comme un pancake)
- Il boit comme un trou : he drinks like a fish (il boit comme un poisson)
Vu l’étendue de la mer…
- Le monde m’appartient : the world is my oyster (le monde est mon huître)
Le monde est mon huître… de prim’abord, on ne voit pas vraiment le lien… Oscar Wilde s’en amuse d’ailleurs “The world was my oyster but I used the wrong fork”… (Le monde était mon huître mais j’ai utilisé la mauvaise fourchette”. C’est aussi une chanson de Frankie Goes To Hollywood. ça nous ne avance pas plus… Pourquoi réduire le monde à une huître ?
Serait-ce comme Josette, du père noël est une ordure, pour faire des cendriers ?
En fait, cela dérive plus ou moins d’une sorte de syllogisme :
1. The Oyster may contain a pearl -> L’huître peut contenir une perle
2. The pearl has great value -> cette perle est très précieuse
3. I will seek my fortune in the world -> Je cherche ma fortune dans le monde
4. I consider the world to be my Oyster -> Je considère le monde comme étant mon Huître
5. I work on the principle that the world contains a ‘virtual’ pearl-> Je pars du principe que le monde contient une perle “virtuelle”.
http://www.phrases.org.uk/bulletin_board/7/messages/125.html
- Un de perdu, dix de retrouvés : there are plenty more fish in the sea (il y a plein d’autres poissons dans la mer)
Les jeux de mots sur certaines espéces de poisson auxquels les femmes sont parfois comparées me semblent faciles ici, c’est pourquoi je ne m’y risquerai pas
- Il est complètement déboussolé : He feels like a fish out of water (Il se sent comme un poisson hors de l’eau)
Les BTNI (bêtes volantes non-identifiées)
- On aurait pu entendre une mouche voler : you could have heard a pin drop (on aurait pu entendre une épingle tomber)
- Il est myope comme une taupe : He’s as blind as a bat (il est aveugle comme une chauve-souris)
Alors là, rien à dire, ces deux animaux ne voient pas grand chose, la taupe est quasi-aveugle et la chauve-souris communique par ultra-son.
- Elle a une taille de guêpe : She has an hourglass figure (elle a une ligne de sablier). La version telle quelle existe aussi en anglais avec « She’s wasp-waisted »
- Minute papillon : Hold your horses (tenez vos chevaux)
- Avoir le trac : to have butterflies in the stomach (avoir des papillons dans l’estomac)
- Il est malin comme un singe : There are no flies on him (Il n’y a pas de mouche sur lui)
Entre Chien et Loup
Saviez que cette expression était déjà usitée du temps des romains via l’expression : “inter canem et lupum”. En fait il s’agit d’un période au crépuscule où il ne fait pas suffisamment clair pour que l’homme puisse distinguer s’il s’agit d’un chien ou d’un loup. De nombreuses expressions mettent ces deux animaux en parallèle jusqu’à les rassembler dans l’expression un “chien-loup”.
Voici quelques expressions françaises qui regroupent le chien et le loup :
- A chair de loup dent de chien : c’est à armes égales qu’il faut se battre avec ses adversaires et ce sont les plus communes nourritures qui sont toujours destinées aux humbles.
- Tandis que le chien pisse, le loup s’enfuie : cela indique qu’on laisse passer une occasion faute d’habileté.
Et d’autres qui les opposent :
- Quand le loup est pris, tous les chiens lui lardent les fesses : le loup est fort mais si jamais il se fait attraper, ceux à qui il faisait peur auront souvenir et lui rendront bien pire.
- Le loup et le chien s’accordent aux despens de la chèvre, qu’ils mangent ensemble : même les pires ennemis peuvent s’associer contre un autre pour être sûr d’atteindre un objectif commun.
- Le parrain du loup doit avoir un chien sous son manteau : au cas où, le loup se retournerait contre celui qui lui fait confiance. Ainsi l’homme, même face à un loup qu’il connaît très bien, ne doit jamais relâcher sa vigilance …
et même en vieux françois :
- Quand tu auras le loup en ta compagnie, aye le chien à ton coste (également : Qui a le loup pour compaignon, porte le chien soubs le hocton) : on comprend bien ici que mieux vaut être bien accompagné, on ne sait pas qui l’on rencontrera en chemin ou dans la vie
Passons donc aux expressions anglaises concernant les chiens et les loups !
Les chiens
- Etre en quarantaine : to be in the doghouse (être dans la niche du chien)
- S’encroûter dans ses habitudes : Cannot teach an old dog new tricks (on n’apprend pas de nouveaux tours à un vieux chien). Celle-ci nous rappele facilement l’expression française “ce n’est pas au vieux singe que l’on apprend à faire des grimaces”.
- Il pleut des cordes : it’s rainning cats and dogs (il pleut des chats et des chiens)
- Comme un chien dans un jeu de quilles : like a bull in a china shop (comme un taureau dans un magasin de porcelaine)… on imagine le carnage !!!
Les loups
- Quand on parle du loup, on en voit la queue : Talk of the devil and he will appear (quand on parle du diable il apparaît). Il y a en anglais une connotation religieuse qui n’existe pas en français.
- L’homme est un loup pour l’homme : it’s dog eat dog in this world (c’est un chien qui en mange un autre dans ce monde). Bien que l’on soit de la même espèce, ce n’est pas pour autant que l’on se connaît et que l’on ne se fera pas de mal.
- Se jeter dans la gueule du loup : to walk into the lion’s den (entrer dans la tanière du lion)
- Etre à l’abri du besoin : to keep the wolf from the door (éloigner le loup de la porte).
en conclusion, je dirais qu’il vaut mieux hurler avec les loups et aboyer avec les chiens. (ne pas se faire remarquer quoi
)
Source : Jean-bernard Piat, It’s raining cats and dogs et autres expressions idiomatiques anglaises, livre que je vous conseille si comme moi, vous êtes passioné de proverbes
Quand le chat n’est pas là, les souris dansent…
Nos proverbes n’hésitent pas à associer le chat à la souris, tels “A vieux chat, jeune souris” ; “jouer au chat et à la souris”; “Qui ne nourrit pas le chat nourrit le rat”
Nous ne sommes pas les seuls à considérer ces deux animaux conjointement :
- Proverbes Chinois :” Peu importe que le chat soit gris ou noir pourvu qu’il attrape les souris ” ; “Chat timide fait souris effrontée”
- Proverbe Espagnol : “Le fils du chat tue les souris”.
- Proverbe Arabe : “Quand le chat et la souris vivent en bonne intelligence les provisions souffrent”.
- Proverbes Persans : “Pour la souris, le chat est un tigre ; pour le tigre, il n’est qu’une souris” ; “Aucun chat ne prend des souris pour l’amour de Dieu”.
- Proverbe Juif : “Le chat et le rat font la paix sur une carcasse”.
- Proverbe Grec : “Un chat avec des mouffles n’attrape pas de souris“.
- Proverbe Libanais : “Les rêves d’un chat sont peuplés de souris”.
- Proverbes africains : “Quand la souris nargue le chat, c’est que son trou n’est pas loin” et mon préféré : “Quand le chat n’a pas faim il dit que le derrière de la souris pue”.
Je ne vais pas m’étendre ici sur la signification des proverbes, il y aurait trop à dire et en toute honnêteté, je ne dispose pas d’assez de connaissances sur les cultures pour pouvoir m’y hasarder. Si une âme charitable veut bien s’en charger…
Ainsi nous allons voir dans ce billet comment nos amis anglophones perçoivent les félins et les rongeurs :
Les félins
Il a des yeux de lynx : he has eyes like a hawk (il a des yeux de faucon).
Les deux animaux sont connus pour leur vue perçante, mais chaque nation en a choisi un différent.
J’ai un chat dans la gorge : I have a frog in my throat (J’ai une grenouille dans la gorge)
En français, on imagine bien les poils chatouiller la gorge alors qu’en anglais on présume que c’est la grenouille coincée dans la gorge qui émet un son.
La curiosité est un vilain défaut : Curiosity killed the cat (la curiosité a causé la mort du chat) [Pauvre bête]…
Chassez le naturel, il revient au galop : A leopard can’t change its spots (le léopard ne peut pas changer ses tâches)
Avoir d’autres chats à fouetter : to have other fish to fry (avoir d’autres poissons à frire)
Chat échaudé craint l’eau froide : once bitten, twice shy (mordu une fois, timide deux fois)
Je donne ma langue au chat : I give up (j’abandonne)
Tu as avalé ta langue ? : Cat got your tongue ? (le chat t’a pris ta langue)
Appeler un chat un chat : to call a spade a spade (appeler une pelle une pelle)
Rongeurs
J’aurai aimé être une petite souris : I wish I were a fly on the wall (j’aurai aimé être une mouche sur le mur)
Ça sent l’embrouille : I smell a rat (je sens un rat)
Gueuler comme un putois : to shout blue murder (hurler au crime bleu)
En fait l’expression “Blue murder” serait lié à l’ancienne expression français “morbleu”…











