Archive for the ‘Les difficultés rencontrées au quotidien’ Category

La nouvelle mode des mauvaises agences de traduction

Tout n’est pas tout rose au pays des traducteurs. j’ai constaté, de plus en plus souvent, sur les forums de traducteurs ou tout simplement en discutant avec des collègues, que certaines sociétés, en invoquant un travail de mauvaise qualité, décidait tout bonnement de ne pas payer le fournisseur.

Bien sûr, nous ne sommes pas des surhommes, nous faisons certainement quelques erreurs au cours de notre carrière, mais entre oublier un « s » et rendre un texte inexploitable, il y a un fossé que certaines agences ont décidé de franchir.

Cela peut arriver à de tout jeune freelance, comme aux traducteurs les plus chevronnés, pour exemple, une traductrice avec 30 ans d’expérience : http://www.viadeo.com/hub/affichefil/index.jsp?hubId=0022zho9c8w7u7t&forumId=00221irak9vau5w4&threadId=0021rmhz7so7qv45&pageNumber=1#1550932

Pour ma part, et je trouve cela encore pire, c’est un « collègue » freelance basé au Royaume-Uni qui m’avait fait la (bonne) blague. Il m’avait demandé de traduire un texte rédactionnel, pour un tarif des plus communs.

Il me renvoie quelque temps plus tard le corrigé, et à part ouvrir un dictionnaire des synonymes, il n’avait vraiment rien fait d’autre ! J’ai même demandé à une collègue de me dire ce qu’elle en pensait, pour être sûre que j’étais objective sur mon travail, si tenté qu’on puisse l’être.

Je relance donc une première fois pour le paiement deux mois après, puis une deuxième fois et c’est alors qu’il me dit « je ne comptais pas vous payer, j’ai fait entièrement refaire votre traduction par un traducteur plus compétent, je ne vais pas payer deux fois pour le même travail ».

J’ai été soufflée par tant de mauvaise foi ! Depuis quand fait-on tout retraduire, alors qu’une relecture suffit ?

A la limite, si le relecteur m’avait prouvé par A + B que j’avais fait des contresens et des faux-sens, je lui aurais accordé une partie de ma facture pour la relecture, mais là il me dit que je n’ai qu’à me remettre en question et que ça se faisait beaucoup dans le milieu…

Je venais de débuter mon activité et sur le coup ça m’a anéanti, d’autant qu’au final, il ne m’a jamais payé, malgré deux relances et une mise en demeure, je ne veux pas partir dans les frais de justice pour un montant inférieur à 100 euros.

Comme dans toute mauvaise expérience, il y a une leçon à tirer, c’est qu’il faut avoir des conditions générales de prestation en béton armé et surtout ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Certaines agences font passer des tests, vous disent que vous avez échoué et ne vous renvoient jamais de corrigé, sous prétexte que c’est un test commun à tous les traducteurs (et que vous, vilains traducteurs, risquez de le rendre disponible à tous sur Internet)… Et là généralement, ça sent la bonne arnaque au test.

Heureusement, la plupart de mes clients sont des clients en or massif, qui sont courtois, payent dans les délais et ont confiance en moi.

Mais je remarque que, comme partout, les arnaqueurs existent, même parmi les collègues :s

D’ailleurs, le blog de la Marmite a fait un billet sur les moyens de se prémunir contre les retards de paiement ici : http://www.sfmtraduction.com/marmite/?p=206

Quand traduction et euro ne font pas bon ménage

Voici un article paru dans La Tribune (http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20100604trib000516453/l-euro-degringole-victime-d-un-faux-ami.html) que je reprends ici.

Le Premier ministre français, François Fillon, a provoqué sans le vouloir une nouvelle dépréciation de l’euro… à cause d’une erreur de traduction.

Une simple erreur de traduction a précipité ce vendredi l’euro sous la barre de 1,20 dollar, pour la première fois depuis mars 2006. Il est près de 14h30 quand François Fillon, en déplacement au Canada, répond dans une conférence de presse à une question sur la dégringolade de la devise européenne. Il indique qu’il ne voit « que des bonnes nouvelles dans la parité entre l’euro et le dollar ».

Les agences de presse anglophones reprennent immédiatement ses déclarations. Trop rapidement peut-être : dans la précipitation, elles traduisent « parité » par « parity », un faux ami. En français, le terme « parité » signifie en effet « taux de change d’une monnaie par rapport à une autre » alors que « parity » s’entend dans le sens étroit d’une égalité parfaite entre les devises

Et voila donc, le gouvernement français qui milite pour qu’un euro s’échange contre un dollar. Un quiproquo qui a obligé Matignon à préciser les propos de François Fillon. Mais le mal était fait : en quelques minutes, les cambistes, déjà inquiets de la situation financière de la Hongrie, vendent de l’euro, qui chute à son plus bas niveau depuis quatre ans.

Cet épisode n’est pas sans rappeler la mésaventure arrivée à George Bush en février 2002. En déplacement au Japon, le président américain avait évoqué avec le Premier ministre nippon la question de la déflation, c’est à dire de la baisse de l’indice des prix. Problème: en conférence de presse, il parle de dévaluation. Panique sur les marchés. Le yen chute face au dollar… avant un rectificatif  d’un porte-parole de la Maison Blanche.

Mentions obligatoires sur une facture (janvier 2004)

Si vous souhaitez éviter 15 euros d’amende PAR MENTION MANQUANTE en cas de contrôle, veillez à intégrer les indications suivantes dans toutes vos factures :

  • Votre nom
  • Votre adresse (de facturation ou de domicile, pourvu que vous spécifiez votre adresse de facturation)
  • Le nom du client
  • L’adresse du client (+ son SIRET et son N° de TVA intracommunautaire)
  • Votre numéro de TVA intracommunautaire (rapprochez-vous de votre centre d’impôt pour l’obtenir, il vous sera demandé pour votre DES*). Il se compose du code ISO du pays (FR pour la France) puis 2 chiffres et votre numéro SIREN
  • Votre numéro de SIRET
  • La date d’émission de la facture
  • Le numéro de la facture (il vous est propre, unique et dans un ordre continu)
  • Précision de la mission (traduction, relecture)
  • Unités (mot source / cible, heure, ligne…)
  • Quantités (nombre de mots, d’heure)
  • Taux de TVA (19,6 % ; 5,5 %) et montant de TVA (chiffre). En cas d’exonération ou de franchise en base de la TVA, la facture devra inclure la mention « T.V.A. non applicable, article 293 B du CGI »
  • Total HT ET Total TTC
  • Code APE (Activité principale des entreprises, 7430 Z pour la traduction et l’interprétariat)
  • Modalité de paiement (par chèque, transfert bancaire, paypal, moneybooker… et date à laquelle la facture est due)
  • Si vous consentez à une remise ou un rabais, indiquez-le. De même, mentionnez votre appartenance à une association de gestion agréée (non-obligatoire en micro-entreprise)
  • Pénalités en cas de retard de paiement

En cas d’acompte, vous devez également en mentionner le montant et l’échéance due.

*http://www.tradeona.com/la-declaration-europeenne-de-service/

Vous aviez tout bon ?

Échangez vos compétences contre un traducteur automatique !

Vagabondant une fois de plus sur les réseaux sociaux des traducteurs et autres pages liées à la traduction, je suis tombée sur ce site : http://www.travail-a-domicile.net/traducteur_a_domicile.htm.

Donc déjà rien qu’avec le titre, vous avez compris, vous serez confiné(e) à la maison, pas question pour vous de démarcher vos clients dans les salons, ni même d’aller boire un café entre collègues, à domicile on vous dit !

Vous êtes classé(e) en 3 catégories de traducteurs : les littéraires, les techniques et… les polyvalents. Je suis traductrice technique mais je suis plus que polyvalente : je suis gestionnaire de projet, secrétaire, traductrice, commerciale et j’en passe et des meilleures… bref, le classement « de la mort qui tue ».

Toujours selon ce site, un simple ordinateur équipé d’une connexion Internet et d’un bon vieux Word suffisent à traduire. Je vous souhaite bien du courage lorsqu’il vous faudra ouvrir les .ttx, les .tbulic800, les .itd et autres extensions du même acabit envoyées par les clients.

Mais alors le clou du spectacle, c’est lorsque sur le site est écrit : « Pour votre travail de traduction effectif, des logiciels existent désormais pour vous venir en aide. L’un des meilleurs de sa catégorie : le logiciel Reverso-PRO. Un plus non négligeable, Reverso est un logiciel de traduction haute performance pour les utilisateurs individuels et professionnels. En quelques secondes, vous obtenez la traduction désirée, sans même quitter Word, Internet Explorer, PowerPoint ou Outlook ! Reverso peut traiter les documents de tout type et de toute taille, en conservant la mise en page ».  (je vous donne le lien de Reverso : http://www.reverso.net/text_translation.asp?lang=FR).

Je m’en accroche encore à mon siège ! A la limite que des étudiants puissent utiliser Reverso sur leur version et thème pour ne pas se fouler, passons, mais prétendre donner des informations à des personnes désireuses de s’installer en tant que traducteur indépendant (enfin, à « domicile) et de leur proposer un traducteur automatique, c’est vraiment pousser le bouchon un peu trop loin, Maurice.

Pour petit rappel de la joie des traducteurs automatiques, je vous mets une image que vous pourrez vous-même vérifier sur Internet :

Je vous laisse vous-même découvrir les tarifs pratiqués, non la tentation est trop forte : le minimum indiqué est de 0,10 € et le maximum de 0,25 €, quelles que soient les langues ou la difficulté bien évidemment, pourquoi adapter à la demande quand on peut faire des moyennes ?

J’hallucine encore !!!

La Déclaration Européenne de Service

« A compter du 1er janvier 2010, un assujetti établi en France qui rend des prestations de services soumises, en application de l’article 196 de la directive TVA 2006/112/CE, à autoliquidation de la TVA par le preneur établi dans un autre Etat membre de la Communauté européenne, doit transmettre à l’administration des douanes une « déclaration européenne de services ».

https://pro.douane.gouv.fr/ActuAppli/wdActuvisu.asp?idna=1958|68

Nombre de nos confrères ignorent être soumis à la Déclaration Européenne de Service or, en relevant du régime micro BNC, nous sommes tenus de déclarer les prestations effectuées dans l’UE pour nos prestataires appartenant à l’UE (hors France) depuis janvier 2010.

Qui déclare la DES, la Déclaration Européenne de Service ?

Toute entreprise fournissant des services intracommunautaires à l’exception des services suivants :

- services des agences de voyage ;

- services se rattachant à un immeuble ;

- prestations de transport de passagers ;

- activités culturelles, artistiques, sportives, éducatives, scientifiques, de divertissement ou similaires ;

- ventes à consommer sur place ;

- locations de moyen de transport de courte durée ;

- services bénéficiant d’une exonération dans l’Etat membre du preneur.

DONC NOUS QUOI, en notre qualité de prestataire de service de traduction.

Si jamais l’envie vous prenait « d’oublier » de déclarer, sachez qu’il vous en coutera tout de même 750 euros (par déclaration oubliée, évidemment).

La déclaration est sur base mensuelle, à faire en télédéclaration sur le site https://pro.douane.gouv.fr/, vous verrez dans un onglet de gauche DES. Il faudra vous enregistrer avant de pouvoir déclarer sur le site.

En outre, les auto-entrepreneurs ou les micro-entreprises sont en base franchise de TVA, il vous faudra néanmoins demander un numéro de TVA INTRACOMMUNAUTAIRE à vos impôts, et récupérer celles de vos clients pour déclarer le montant des prestations effectuées par client (ou plus précisément par N° de TVA intracommunautaire).

Voici à quoi ressemble la DES en ligne.

Le site est relativement clair et bien expliqué. Vous recevez vos identifiant et mot de passe par mail, et vous pouvez ensuite faire la télédéclaration.

Les échéances sont les suivantes :

Si vous éprouvez quelques difficultés à faire votre première déclaration, n’hésitez pas à vous rapprocher des centres de saisie de votre région, pour Lille :

cisd-lille-courrier@douane.finances.gouv.fr ou au 03 20 08 06 10.

Voilà, encore 750 euros d’amende économisés ! On dit merci qui ? Merci Cécile :)

Recommandations typographiques

En corrigeant une collègue et amie, elle m’a fait très gentiment remarquer que je faisais systématiquement une erreur, à savoir mettre une espace après le slash « / ». Je ne sais plus où j’avais appris que l’on en mettait une, mais apparemment ma source n’est pas fiable. Je vous remets ici les principales règles typographiques, provenant d’un éditeur « https://secure.espace-socrate.com/socratePromarex/Content/RecommandationAuxAuteurs.pdf ».

Règles de ponctuation

. Point final : pas d’espace avant, une espace après

? Point d’interrogation : une espace avant, une espace après

! Point d’exclamation : une espace avant, une espace après

: Double point : une espace avant, une espace après

; Point-virgule : une espace avant, une espace après

, Virgule : pas d’espace avant, une espace après

( Parenthèse ouvrante : une espace avant, pas d’espace après

) Parenthèse fermante : pas d’espace avant, une espace après

[ Crochet ouvrant : une espace avant, pas d’espace après

] Crochet fermant : pas d’espace avant, une espace après

« Guillemet ouvrant : une espace avant, pas d’espace après

» Guillemet fermant : pas d’espace avant, un espace après

- Trait d’union : pas d’espace avant, ni après

- Tiret : une espace avant, une espace après

… Point de suspension : pas d’espace avant, une espace après

’ Apostrophe : pas d’espace avant, ni après

- On ne double jamais une marque de ponctuation. Donc pas de point final après une abréviation se terminant par un point en fin de phrase, par exemple.

- Pas de point final non plus après des points de suspension.

- Utilisez toujours des guillemets français (« ») et non des guillemets américains ou allemands ( » et ´), les guillemets français permettant la distinction fort utile entre guillemets ouvrants et fermants. On n’utilise les guillemets américains qu’en second niveau, c’est à dire à l’intérieur d’un texte déjà entre guillemets français.

- On n’utilise les crochets [ ] qu’exceptionnellement pour indiquer une remarque de l’auteur ou une coupure à l’intérieur d’une citation. On peut aussi utiliser les crochets en second niveau, à l’intérieur d’un texte déjà entre parenthèses.

- Place du point final dans une citation : lorsque la citation forme une phrase entière, le point final se place avant la fermeture des guillemets. Lorsque la citation est incluse dans une phrase, le point final est celui de la phrase, donc il se met après les guillemets.

- Un appel de note est toujours accroché à un mot (donc pas d’espace ni de point final entre le mot en question et l’appel de note).

- Évitez de frapper des textes en majuscules, même des titres.

- Accentuez les majuscules.

- Surtout ne jouez pas avec les espaces pour pousser des mots vers la droite. Un seul espace entre deux mots.

- Pour les documents qui seront mis en page par le logiciel de mise en page (Indesign) : sauf instructions contraires préalables, évitez toutes marques de mise en page ou de mise en évidence (gras, italique, soulignement), car ce logiciel ne reconnaît pas ces marques et le metteur en page doit quand même les réencoder. Les marque de mises en page doivent être indiquées sur une sortie papier de votre texte par un code de couleurs convenu préalablement.

- Inutile aussi d’activer la justification et de couper les mots en fin de ligne dans la version Word ; cela complique le travail du metteur en page.

- Dans les abréviations, utilisez le point pour séparer chaque lettre.

- Pour les chiffres : pas d’espace entre les chiffres de 0 à 9999 ; espace (mais pas de point) ensuite (19 524 ou 1 000 000).

- Premier, deuxième, troisième… s’abrévient1er, 2e, 3e ; idem pour les siècles (XXe siècle).

- Dans une énumération précédée du signe :, la fin de chaque énumération doit être suivie d’un point-virgule, exceptée la dernière qui se termine par un point final.

- Une citation se met entre guillemets et éventuellement en italique ; un titre, par contre, ne se met jamais entre guillemets, mais toujours en italique.

- Il y a toujours une virgule avant mais, ou, donc, or, ni, car ; et parfois à et (quand il est conjonction de coordination).

Modèle pour les livres : AUTEUR Prénom, Titre, Lieu d’édition, Maison d’édition, (éventuellement) Collection, Année de parution, (éventuellement) Nombre de pages.

- Modèle pour les articles : AUTEUR Prénom, « Titre de l’article », dans Titre de la revue, n° de la revue, Lieu d’édition, Maison d’édition, Année, Pages.

- Dans le cas d’une citation précise issue de l’ouvrage : ne mettez pas le nombre de pages, mais la ou les page(s) de la citation en question. Si la citation ne se trouve que sur une page : p. 7 ; si elle se trouve sur plusieurs pages : pp.7-12.

- Terminez toujours une référence par un point final.

Titraille

- Pas de signes de ponctuation à la fin d’un titre, sauf quand celui-ci est grammaticalement parlant une phrase

Exemple : Règles de ponctuation à respecter

Voici les règles de ponctuation à respecter.

- De préférence, utilisez toujours les mêmes polices et corps ainsi qu’une numérotation suivant le modèle : 1.¨ 1.1. ¨1.1.1. ¨ etc.

- Bien entendu, utilisez exactement la même progression et les mêmes termes dans la table des matières.

Honnêtement, auriez-vous eu tout bon ?
Merci à Hélène :)

Millenium, ou la traduction dans toute sa lourdeur

Nombreuses sont les personnes qui ont lu cette trilogie. Nombreuses sont également les personnes qui ont remarqué des pléonasmes, des fautes de grammaire ou tout du moins une certaine lourdeur dans le style en français. Devinez qui est incriminée ? La traduction ! Je vous cite un post du Nouvel obs.com, particulièrement complet.

PAR JACQUES DRILLON

Que diriez-vous d’un livre où l’on lirait: « Camilla avait été pleine de réussite à l’école » (vol. II, page 104) ou « Il reçoit des soins compétents » (II,168)? « Je suis désolée de la tournure que ça a prise » (III,53) ou « Il se frotta les yeux pour enlever le sommeil » (I,383)? D’un digne inspecteur demandant à un prévenu: « Pouvez-vous décrire cette personne que vous dites l’avoir agressée » (II,284)? Que diriez-vous d’une femme qui écrirait: « Je ne suis pas sûre que j’aie envie de le faire » au lieu d’avoir envie (III,458), « Elle haïssait qu’il la touche » (II,11), au lieu de détestait? Qui écrirait « Il ne lui rebattait pas les oreilles », comme cela, c’est tout, point final, sans dire de quoi (I,497)? Que faites-vous dans la vie? Je lui rebats les oreilles.

Où est-elle? «Elle est disparue» au lieu de elle a disparu (III,135). Ce policier dit: « Je tiens à aider mes collègues du secteur visible » au lieu des services officiels (III,40). Vous voulez dire que tout le monde est d’accord? Dites plutôt: « Tout le monde était positif » (II,96). Vous parlez d’un journaliste qui a des sources douteuses ? Parlez plutôt « des affirmations qu’il n’avait pas documentées » (II,216), et admirez au contraire celui dont « chaque ligne était documentée » (III,407). Dit-on qu’on ignore quand aura lieu la conférence? Pas du tout: « Elle ignorait quand la conférence avait été décidée » (III,407), ce qui signifie bien autre chose. Et si personne n’a aperçu le héros, écrivez donc qu’il est passé « sans que personne ait eu le moindre aperçu de lui » (II,237). Votre assureur vous dit sans doute: « Un intrus a de bonnes possibilités de s’approcher de votre maison » (III,438); votre médecin vous reproche de ne pas faire de sport ? Dites-lui que vous en avez conscience, mais dites-le mieux: « J’ai la conscience qui me travaille en permanence » (III,418). Epargnez-vous les accords pénibles: « Tout ce qui concerne Zalachenko est des données estampillées secret défense » (III,38). Et vous êtes parfaitement libre de ne pas aimer « pendant que »: « Du temps que Mikael avait dormi, Lisbeth était retournée à la cave » (I,458). Vous n’êtes pas « sur » Paris? Vos vacances vous coûtent cher, « compte tenu de la facture d’électricité sur la Grenade » (II,29). On ne vous avait pas « rencardé que » c’était cher, la Grenade (I,373). Et ainsi de suite.

Les bourdes les plus drôles sont les pléonasmes: « Le local était calme et tranquille » (II,183), « Elle doit être brûlée au feu » (I,377), « Elle était pourvue d’un humour plein d’esprit » (II,252), « Harriet Vanger a ressuscité de la mort » (II,318), « La police aurait tâtonné à l’aveuglette » (II,320), « Deux parasites inutiles » (II,201), « Lisbeth n’est pas du genre à se rendre de son plein gré » (II,443), et le clou: « La seule chose positive avec cette photo était qu’elle y était si méconnaissable que peu de gens la reconnaîtraient » (II,420)… Eminemment délectable.

[...]

On se fait vite aux anglicismes: l’enquête qui devient « investigation », l’enquêteur « investigateur », l’occasion « opportunité », tout cela, on connaît; mais on se fait moins aux gardes du corps devenus des « hooligans » (il y a les « hooligans privés » et les « hooligans payés par l’Etat », III,285), ou à l’article de presse devenu très fréquemment « histoire »; on sursaute quand on apprend que « Dag avait définitivement un portable » (II,362), ou quand on vous parle d’une adresse discrète devenue « exclusive » (II,594); on proteste plus violemment quand il faut « Réfléchir à des coupables alternatifs », mis pour d’autres coupables possibles, faute fréquente, qui s’aggrave encore dans: « Nous vous demanderons quel type d’image vous paraît attirant en vous montrant plusieurs alternatifs » (II,364).

[...]

Quant à l’indicatif avec « après que », il est très chic, certes, mais seulement si l’on emploie le bon temps de ce mode-là. Or les traducteurs se bornent à employer presque toujours le présent ou le plus-que-parfait: « C’était juste après que j’ai percé » (I,401), au lieu de après que j’eus percé, « Elle attendit cinq minutes après que Holm avait quitté la pièce » (III,525), au lieu de après qu’il eut quitté la pièce. Et cette erreur, compte tenu du nombre de fois qu’apparaît « après que », se produit, dix, cinquante, cent fois, car seules deux concordances sont correctes: II,615 et III,448. Ainsi l’a voulu le hasard du tirage.

Pour voir le post dans son intégralité : http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/04/17/les-bourdes-de-millenium

Le devis

La comptabilité !! Pour certains traducteurs l’exercice de comptabilité se fait sans heurts, pour d’autres cela devient un véritable casse-tête. Le devis est le seul document, avec le bon de commande, qui prouve que vous avez été engagé sur un projet, donc certains termes doivent être définis et apparaître lisiblement sur le devis, sous peine non seulement de non-validité mais de sanctions financières. Ne travaillez jamais sans devis ni bon de commande, vous ne pourrez rien prouver sur des accords oraux.

Légalement, le devis doit comporter les mentions suivantes :

1/ L’identité du vendeur : nom, prénom, coordonnées, numéro de téléphone, numéro de Siret

2/ Votre numéro de TVA intracommunataire (ou si elle est non applicable, porter la mention T.V.A. non applicable, article 293 B du CGI).

3/ Un numéro de devis (pour la traçabilité) : peu importe le numéro, il suffit juste que vous vous y retrouviez.

4/ La date et le jour d’émission du devis.

5/ L’identité de l’acheteur : nom de la société, nom de votre interloctureur, adresse, forme juridique, capital social, numéro d’identification unique… S’il s’agit d’une société étrangère, ajoutez son numéro d’immatriculation national ou d’identification intracommunautaire.

6/ La date de remise de la prestation, lorsque vous rendez votre projet, indiquez l’heure si vous le souhaitez.

7/ La désignation de la tâche (traduction, relecture) avec si vous avez, une référence du client ou un nom de fichier.

8/ Le prix HT et l’unité (s’il s’agit d’une tarification au mot (source ou cible ?), à l’heure, à la page…)

9/ Le taux de TVA. Il faut savoir qu’il y a la TVA à 5,5 % et à 19,6 %. La TVA ne s’applique pas pour les pays intracommunautaires (c’est à dire dans l’Union Européenne), dans ce cas il faudra notifier « Exonération de TVA, article 262 ter I du CGI » et pour les prestations effectuées en ligne (information à vérifier).

10/ Le montant total, HT et TTC.

11/ Si le client dispose d’un rabais ou d’une ristourne (SUUUUUPER PROMO, pour 10 000 mots achetés, nous vous en offrons 300…euuuhhh… ou pas !)

12/ si vous êtes membre d’un Centre de Gestion Agréé, indiquez le.

13/ Votre mode de règlement : par chéque, CB, paypal…

14/ Le délai de paiement (montant dû le :…). La réglementation française veut que le maximum soit fixé à 45 jours fin de mois. Je connais de nombreuses agences pour qui 60 jours fin de mois, c’est déjà bien.

15/ La durée de validité du devis.

N’oubliez pas de faire signer votre devis sous forme de bon pour accord ou d’avoir une trace écrite de l’accord de votre client… on ne sait jamais.

Personnellement, j’ai ajouté un onglet « Conditions Générales de Vente » dans mon devis Excel, en ajoutant dans le feuillet précédent « l’acheteur atteste avoir pris connaissance de nos conditions générales de vente jointes au dos ».

En outre, si l’adresse commerciale est différente de l’adresse de facturation, veillez à bien indiquer les deux.

Vous voilà paré au devis !!!

Les acronymes, sigles et abréviations

Quel traducteur ne s’est jamais trouvé confronté à une abréviation qui pouvait avoir de nombreuses significations. Outre le contexte, parfois on ne sait quelle solution choisir.

Face à cette grande question, plusieurs solutions s’offrent à nous.

1/ Un petit mail au chef de projet ou au client pour demander des précisions.

2/ Une recherche sur Google ou consulter des dictionnaires d’acronymes comme sur http://www.acronymfinder.com

D’ailleurs, saviez-vous qu’il y a une différence entre un acronyme et un sigle ?

En effet, le sigle se prononce lettre par lettre, comme par exemple VIH (virus de l’immunodéficience humaine) alors qu’un acronyme se prononce comme un mot, par exemple SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise).

Et l’abréviation dans tout ça ?

L’abréviation est la contraction d’un ou plusieurs mots, comme par exemple et cætera en etc.

Une autre difficulté se met sur le passage du traducteur lorsqu’il a à faire à ces acronymes, sigles et abréviations : le changement de l’ordre des lettres en anglais et en français.

Je me pose toujours la question : que dois-je faire ? Je traduis directement, je mets les initiales en anglais et la traduction en français, j’indique la provenance ?

En règle générale, je préfère rallonger la sauce et mettre le sigle en anglais, avec la signification en anglais, la traduction en français et l’abréviation du sigle en français, en utilisant les parenthèses ou au moyen de notes de bas de page.

Et vous, quelle est votre méthode ? Comment faites-vous face à ses abréviations ?