Paroles de stagiaire en traduction II

Clothilde, en licence 3 LEA a réalisé un stage chez Tradeona pendant 2 mois, voici ses impressions :

« J’ai pris goût à la traduction assez jeune. Je traduisais assez approximativement des albums entiers de mes groupes préférés. Mais c’est beaucoup plus tard et, je l’avoue, presque par hasard que j’ai envisagé d’en faire mon métier. Je me suis donc orientée vers la Traduction Spécialisée Multilingue. Pendant toute une année, j’ai appris les différents aspects que présentaient cette activité mais une approche pratique me manquait.
J’ai donc effectué mon premier stage chez Tradeona. Grâce aux dires d’une ancienne stagiaire, j’ai vite réalisé que ce stage allait tout à fait me convenir et ce fut le cas. J’ai pu toucher à toutes les tâches qu’implique l’activité de traducteur indépendant. Ce fut une expérience riche en enseignements. Melle Legros a su me donner une image concrète et exhaustive du métier, elle m’a initié à la TAO, à la prospection, à la comptabilité et m’a aidé à progresser dans mes travaux de traduction et de relecture.
Je m’estime chanceuse d’avoir pu faire un stage aussi enrichissant chez une professionnelle si passionnée par son travail. Ce stage m’a conforté dans mes ambitions professionnelles : je serai traductrice ! »

Merci Clothilde pour ton excellent boulot :)

La facturation…l’éternelle question des étudiants et jeunes diplômés

Tous les traducteurs fraîchement installés se posent la question incontournable du tarif et de la facturation.
Comment définir mon tarif ? Dois-je facturer au mot, à l’heure, à la page ?

En réalité, tout dépend de la tâche, de vos préférences et des habitudes du client.

Personnellement, je facture au mot source pour de la traduction, parce que j’estime que la facturation au mot cible lèse le client et qu’il n’y a aucun moyen de contrôle. Le coefficient de foisonnement du français par rapport à l’anglais est tel qu’il est facile de faire de longues phrases alambiquées pour exprimer une idée qui tient en quatre mots. Je n’applique pas de réduction sur les gros volumes, car que ce soient 9 000 ou 15 000 mots, il faudra les traduire. Par contre, je n’applique pas non plus de minimum de facturation, je ne vais pas faire payer au client 15 euros pour traduire 10 mots. Encore une fois, tout ceci est question de préférence et de choix personnels. Pour la relecture, j’applique soit un tarif horaire soit un tarif au mot (cible, toujours), selon la préférence du client. Parfois, le client vous fournira une mémoire de traduction et appliquera des réductions conséquentes car il estime que le travail a déjà été effectué. Il est difficile de refuser, mais faites bien comprendre que si vous devez relire les segments 100 %, ce ne sera pas gratuitement.

Vous devez retirer des bénéfices de vos prestations, sinon autant faire du bénévolat. Vous devez calculer quelles sont vos charges (Internet, fournitures de bureau, logiciel…) mensuelles ou annuelles, regardez combien vous voulez gagner (pas la peine de viser petit parce que l’on vient de commencer) par mois et remettre tout cela sur le nombre de jours travaillés par mois. Un outil dédié aux freelances pourra vous aider : http://freelanceswitch.com/rates/

Pour savoir combien facturer au mot, remettez le prix à l’heure sur le nombre de mots traduits en une heure (on compte généralement plus ou moins 300 mots par heure). Par exemple, si je facture 25 euros de l’heure, je facturerais 0,083 € au mpt. Si je facture 20 € de l’heure, ça fera 0,066 € et si je facture 30 € de l’heure, cela fera une tarification au mot de 0,10 €.

Ne vous leurrez pas, si vous habitez en France, vous ne serez jamais rentable en dessous de 0,05 voire 0,06 euros par mot. En vous situant dans la moyenne basse du marché, vous attirerez les mauvais payeurs et vous aurez du mal à remonter vos tarifs par la suite. Dans la grande majorité des cas, vous bénéficiez d’acquis, d’une licence ou d’un master, d’une expérience professionnelle, valorisez-les. « Jeune traducteur» ne signifie pas « bon à exploiter ».

C’est sûr qu’au début vous prendrez des missions moins bien payées, parce qu’il faut commencer un jour, mais dès que vous commencerez à prendre de l’essor, que vous trouverez des clients qui payent mieux, lâchez les mauvais payeurs. Dites-vous aussi que lorsque vous travaillez pour des cacahuètes, c’est du temps de perdu puisque pendant ce temps, vous n’allez pas à la « chasse » aux bons clients.

Bien sûr, vous ne pouvez avoir les mêmes prétentions salariales qu’un traducteur chevronné en énergie nucléaire. Le tout est de ne pas viser trop bas, ni trop haut, mais de trouver le juste milieu.

La SFT a par ailleurs publié un rapport sur la facturation des freelances : http://www.sft.fr/clients/sft/telechargements/file_front/4c45ab788dee5.pdf (attention aux résultats : la majorité des personnes ayant participé à l’enquête sont membres de la SFT et ont tendance à facturer un peu plus chers que les non-adhérents).

FAUT-IL RESTER CONNECTÉ AU FRANÇAIS « BRANCHÉ » ?

par Kévin Bacquet, traducteur anglais, russe vers français

Introduction

Qu’ils soient locuteurs natifs du français ou « spé » de la langue de Molière, leur idiome ne cesse de les étonner. Ils font appel à des tournures, des lexèmes parfois farfelus, abscons mais contribuent toujours à enrichir ce sujet auquel nous nous intéressions plus largement dans un article intitulé : « La Francophonie, hier, aujourd’hui et demain »[1]. L’étude linguistique du français pourrait épuiser toute la communauté universitaire sans que celle-ci ne puisse la disséquer entièrement. C’est la raison pour laquelle nous nous « contenterons » ici d’aborder la question du français « branché » parfois aussi appelé « français précieux ». Nous analyserons les phénomènes linguistiques gravitant autour du « français branché » et nous nous interrogerons sur la richesse apportée par la « préciosité » ainsi que sur ses limites éventuelles.
Pierre Merle y consacre un livre qu’il intitule à dessein « Précis de français précieux »[2] dans lequel il décrit ce nouvel état de langue grâce auquel le locuteur cherche à donner « du prix » à sa personne, ses actes, ses sentiments et, bien entendu, son langage. Le français précieux désigné ainsi pour faire également écho aux « Précieuses ridicules » de Molière peut également être appelé « français branché ». Il s’agira ici d’analyser les formules, expressions, mots et autres éléments de langue qui sont employés pour montrer une volonté d’être dans « l’air du temps », « en vogue » ou « in ».

Le français « branché » comme moyen d’intégration socioculturelle

L’étude du français « branché » nous permet d’établir un lien direct entre la langue et le socioculturel ; d’où l’intérêt, ici, d’une approche sociolinguistique. Lorsqu’en France, on utilise le terme « PAF » (paysage audiovisuel français), qu’on parle de magazine « people », de séjours « thalasso », de vols « low-cost »…, on cherche quelque part à s’intégrer socialement, à prouver son appartenance à une époque et à un groupe socioculturel. Comme l’explique très bien Michèle Verdelhan-Bourgade dans son article « Procédés sémantiques et lexicaux en français branché »[3], ce phénomène linguistique se forme notamment par le biais de sigles, d’anglicismes,…
D’un point de vue sociolinguistique, nous pouvons ajouter que ces processus de formation révèlent les caractéristiques de notre société contemporaine : une volonté consciente ou inconsciente d’aller toujours plus vite (via les sigles) et de s’apparenter au monde anglosaxon (via les anglicismes). On retrouve partout des raccourcis linguistiques employés pour répondre à l’accélération de notre mode de vie : NAC (acronyme de nouveaux animaux de compagnie), UBM (unité de bruit médiatique), Bobo (abréviation de bourgeois-bohème, lui même adapté de l’américain bourgeois-bohemian). Certains termes allient cette volonté de s’apparenter au monde anglo-saxon tout en répondant au besoin d’accélération du mode de vie : Asap (acronyme de as soon as possible, ce qui, traduit en français, donne : dès que possible). L’information va vite et nous devons être à même de la saisir à temps pour être, nous-mêmes, « branchés », « connectés ».
Le français « branché » ou « précieux » constitue une réponse linguistique à notre société contemporaine.

Le français « précieux » comme moyen de se démarquer

Le locuteur utilise également cette nouvelle forme linguistique pour accéder à l’originalité. En français « branché » les mots changent de sens. Le verbe « jeter » par exemple acquiert une nouvelle acception lorsqu’on dit d’une voiture qu’elle en jette (« jeter » signifie ici « être beau »). On surprend, on dit de quelqu’un qu’il craint non pas parce qu’il a peur de quelque chose mais bien parce qu’il n’est pas dans le mouvement, qu’il est nul. Être branché, c’est être connecté, comprendre le fonctionnement du monde et le prouver par la communication.
Parfois, l’on cherche tellement à se démarquer par l’originalité que le français en devient précieux. On cherche à ne pas choquer, à caresser le français (ou le destinataire) dans le sens du poil [5].
Si vous souhaitez démarquer votre produit cosmétique à des fins marketing, vous parlez d’une crème pour « peaux à problèmes » et non pas d’acné.
Dans le milieu des ressources humaines, on ne recrute pas de femmes de ménage mais bien des « techniciennes de surface ».
Les femmes contemporaines ne pratiquent plus l’avortement mais l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) et la guerre n’est pas digne de la préciosité puisque désormais « on retient l’option militaire ».
Là encore, ces expressions sont un moyen de donner du prix à sa personne, de relever la langue, d’apporter une importance au discours mais aussi d’employer l’euphémisme nécessaire à l’esprit francophone.

Le paradoxe éventuel

La volonté de se démarquer et/ou de s’intégrer socialement par la langue touche de plus en plus de locuteurs qui souhaitent ne pas se retrouver en marge des parlures à la mode. Ainsi, le PAF inonde la presse, tous les magazines deviennent people. Les stars deviennent un modèle pour les « jeuns » (prononcer à l’anglaise « djeuns »).
On s’inquiète de voir quand même une certaine uniformisation du style car la volonté d’intégration déshumanise parfois en retirant au locuteur l’originalité qu’il pourrait avoir s’il dévoilait sa pensée tel quel, en l’état. Ne peut-on pas se demander si en cherchant l’originalité par le biais du français « branché », le locuteur, paradoxalement, la perd  ?

Conclusion

Nous avons vu dans un premier temps que le français « branché » constituait de par son appellation un moyen pour le locuteur d’être dans le vent. Dans un deuxième temps, cette innovation linguistique témoigne d’une volonté d’élever la langue et de la rendre plus expressive.
Nous aurons également posé la question de l’éventuel paradoxe que cette nouvelle forme pouvait entraîner.
Il est évident que ce nouveau-né du français est une richesse. Toutefois, il s’agit ici de ne pas « oublier » de poursuivre l’évolution de la langue afin de ne pas entrer dans des modèles linguistiques qui nuiraient à la diversité linguistique, et donc socioculturelle.

Bibliographie

1. I. Skouratov, N. Diakiv, « La Francophonie, hier, aujourd’hui et demain » // Founktsional’nyj analiz yazykovykh edinits v romanksikh yazykakh. Megvouzovskij sbornik naoutchnykh troudov. Moskva, 2009. – P. 85-89. (Analyse fonctionnelle des unités linguistiques dans les langues romanes. In.: Recueil d’ouvrages scientifiques, Moscou, 2009, pp. 85-89)
2. P. Merle, « Précis de français précieux au XXIe siècle », Ed. Renaissance du livre ; 2002, 176 p.
3. M. Verdelhan-Bourgade, « Procédés sémantiques et lexicaux en français branché » In: Langue française. N°90, 1991. pp. 65-79. (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lfr_0023-8368_1991_num_90_1_6196)
4. Ministère français de la culture et communication, Article « Jouez avec les mots des journalistes » (http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/clemi/mots_journalistes.htm#7)
5. .I. Skouratov, K. Bacquet, « Le multilinguisme sur Internet ou du respect de la diversité interculturelle », à paraître dans les Actes du IV Symposium sur la linguistique à Bucarest (5-6 novembre 2010).

Google promet un téléphone-traducteur d’ici «deux à trois ans»

«Google développe des logiciels pour le premier téléphone capable de traduire des langues étrangères presque instantanément –comme le poisson Babel dans The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy». Cette première phrase semble tout à fait normale. Pourtant, elle vient d’une traduction automatique de Google d’un article du Times. Certes, il y a bien ici ou là quelques tournures maladroites et une ou deux phrase obscures. Mais les progrès réalisés (également vrai du côté de Microsoft) ces dernières années sont bluffants.
Parallèlement, Google propose également un système de transcription voix vers texte (dans Google Voice ou avec des sous-titres automatiques dans quelques vidéos YouTube). Et expérimente également dans l’autre sens texte vers voix (exemple ici en cliquant sur le haut parleur). Secouez tout ça: vous disposez de tous les ingrédients pour un téléphone capable de traduire une conversation d’une langue dans une autre. Quand? «Dans deux ou trois ans», selon Alfred Spector, vice-président en charge de la recherche et des projets spéciaux chez Google, que 20minutes.fr a rencontré à Paris jeudi. Le futur imaginé par tous les auteurs de science-fiction, qui fuit les linguistes/informaticiens depuis les années 60, est-il si proche? Pas si vite.
De sérieux défis
Le langage est un outil d’une rare complexité. Comme l’explique à 20minutes.fr Ken Church, directeur de recherche au Human Language Technology Center of Excellence de l’université Johns Hopkins, avec un nombre fini de fonctions grammaticales et un nombre fini de mots, nous pouvons former un nombre infini de phrases.
Par conséquent, certains linguistes pensent que la machine ne sera jamais capable de saisir et retranscrire toutes les subtilités d’une langue, sans même parler du challenge posé par la transcription voix ? texte, qui reste encore très médiocre dans Google Voice.
Franz Och, à la tête du traduction de Google, explique cependant au Times que «si chacun à une voix différente (accent, hauteur), la reconnaissance vocale va progresser avec un téléphone portable personnel qui ‘s’habitue’ à la voix de son propriétaire et apprend des précédentes requêtes».
Intelligence artificielle vs intelligence de de la foule
Supposons que la partie voix ? texte s’améliore rapidement (l’autre sens texte ? voix est mieux maîtrisé). Traduire la version «texte» d’une conversion téléphonique est beaucoup complexe que de traduire un document officiel. Les structures de l’oral sont souvent moins rigoureuses. Comment un programme peut-il y parvenir?
«Une meilleure maîtrise du langage par les machines peut passer par des progrès en intelligence artificielle. Google a cependant jusqu’ici plutôt concentré son effort sur le crowd-sourcing: ils scannent des millions de textes, le système les analyse et des internautes peuvent proposer une meilleure traduction d’une tournure, ce qui permet au programme ‘d’apprendre’», détaille Ken Church. Alfred Spector lui, préfère parler «d’intelligence hybride, avec l’association de l’homme et de la machine».
Traduire une conversation téléphonique en temps réel n’est pas forcément le but de Google à court terme. Alfred Spector voit plutôt un usage «pour aider un touriste égaré». Mais dans un futur plus lointain, l’entreprise pourra toujours compter sur des progrès de la communication sub-vocale (des électrodes placées sur les cordes vocales permettent de traduire les signaux envoyés par le cerveau, même si les mots ne sont pas prononcés). Douglas Adams et les créateurs de Star Strek devront quand même patienter un peu avant l’arrivée d’un traducteur universel.

SOURCE : http://www.20minutes.fr/article/384378/High-Tech-Google-promet-un-telephone-traducteur-d-ici-deux-a-trois-ans.php

Les « Droits de l’homme » sont-ils intraduisibles en chinois ?

En visite officielle aux Etats-Unis, le président chinois n’a pu éviter ce sujet épineux.
Cette fois, le président chinois n’aura pu éluder les questions sur la situation des droits de l’homme en Chine, pendant sa visite officielle de quatre jours aux Etats-Unis. Son homologue américain Barack Obama, jugé trop timide face à Hu Jintao lors de sa visite en Chine en 2009, était décidé à aborder ce sujet épineux lors de cette nouvelle rencontre. Il l’a fait dès la cérémonie d’accueil, en guise de cadeau de bienvenue.
Le président américain a signifié à Hu Jintao les opinions américaines « sur l’universalité de certains droits, de la liberté d’expression, de religion et d’association ». Et il a été « très franc », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse commune, ce mercredi. Exercice de questions-réponses que la France n’avait pas jugé bon de programmer lors du passage du responsable chinois à Paris et sur la Côte d’Azur, en novembre 2010, dans le cadre de la normalisation des relations bilatérales après un sérieux coup de froid.
Confusion à la conférence de presse
Il faut dire que des questions sensibles peuvent émerger lors des conférences de presse… Ce mercredi, par exemple, alors que seules quatre questions étaient prévues, deux pour les journalistes américains et deux pour les journalistes chinois, souligne le blog Big Picture, l’une d’entre elles, adressée aux deux présidents, a porté sur la situation des droits de l’homme en Chine. Et la réponse chinoise à cette question posée par un reporter américain d’Associated Press, n’est pas venue immédiatement.
Le blog Political Ticker raconte cet épisode « Lost-in-translation ». « Barack Obama a répondu mais, dans un moment de confusion, Hu Jintao ne l’a pas fait. Le traducteur a commencé à traduire la réponse d’Obama et ils sont passés à une autre question. Un autre journaliste américain [de Bloomberg] a alors posé une nouvelle question sur les droits de l’homme, sous-entendant que le président chinois avait peut-être essayé d’éviter de répondre. Ce dernier n’a pas eu l’air amusé du tout. »
« Vous pouvez répéter la question? »
Car, entre les deux questions américaines, il avait « fait comme si de rien était, et prestement offert la question suivante, à une journaliste chinoise », complète le blog Big Picture. « Laquelle a voulu savoir ce que la Chine pourrait faire pour coopérer encore mieux avec les Etats-Unis ». Tentative de changement de sujet?
Pas du tout, selon Hu Jintao, qui a alors tenu à expliquer son silence momentané par des « problèmes techniques de traduction et d’interprétation. Je n’ai pas entendu la question sur les droits de l’homme. Je pense qu’elle était adressée au président Obama. Maintenant que j’entends la question correctement, je suis certainement en position d’y répondre. »
Sa réponse donc: « La Chine est un pays en développement avec une population très importante et aussi un pays en développement qui traverse une phase de réformes cruciales »; il reste « beaucoup à faire » dans le domaine des droits de l’homme même si la Chine s’est « toujours engagée » à respecter et promouvoir les droits de l’homme, et a accompli « d’énormes progrès » en la matière.
Le cas de Liu Xiaobo abordé
Mais là où Barack Obama évoquait l' »universalité » des droits de l’homme qui transcendent les cultures spécifiques, Hu Jintao a précisé qu’en Chine, « nous pensons que nous devons tenir compte des différentes circonstances nationales en matière de droits de l’homme ».
C’est cette même précision qui a conduit Pékin à créer un prix Nobel alternatif, baptisé prix de la paix Confucius, qui doit « montrer au reste du monde comment les Chinois conçoivent la paix. » Quant au prix Nobel de la paix remis au dissident chinois Liu Xiaobo, ce sont des « clowns » qui ont décidé de lui attribuer, estimait Pékin. En décembre, ce dissident emprisonné n’avait pas pu se rendre à la cérémonie de remise de son prix, qui fut donc symboliquement déposé sur une chaise vide.
Selon un responsable américain, son sort aurait bien été abordé par le président américain qui réclame sa libération. Après tout, ce sont ces mêmes « clowns » qui, l’année précédente, avaient choisi de distinguer un certain Barack Obama.